X

Moyen Orient et Monde

Poutine menace de développer de nouveaux missiles

Russie
OLJ
06/12/2018

Vladimir Poutine a mis en garde hier contre une nouvelle course aux armements et promis que la Russie développera de nouveaux missiles balistiques de portée intermédiaire si les États-Unis quittent, comme ils ont annoncé vouloir le faire, un traité nucléaire de 1987 (INF) qui régule leur usage.

La réaction agacée du président russe intervient au lendemain des menaces du secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui assure que la Russie viole le traité INF et lui a donné 60 jours pour s’y conformer, faute de quoi les États-Unis se retireront de l’accord.

« Aujourd’hui, visiblement, nos partenaires américains pensent que la situation a tellement changé qu’ils doivent posséder de telles armes », a mis en garde le président russe, selon un communiqué du Kremlin. « Quelle devrait être notre réponse ? Une réponse simple : nous allons faire la même chose », a-t-il ajouté, tout en répétant que la Russie « est contre la destruction de ce traité ».

Signé il y a plus de 30 ans, le traité INF a été remis sur le devant de la scène en octobre, quand le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient « mettre fin à l’accord » et développer à nouveau des armes nucléaires.

Habitué des volte-faces, Donald Trump a pourtant affiché lundi sa volonté de travailler avec la Russie et la Chine, elle aussi dans son collimateur, pour mettre fin à une course aux armements devenue « incontrôlable ». Les menaces américaines n’ont pas empêché le chef d’état-major de l’armée russe, le général Valéri Guerassimov, d’assurer que Moscou allait augmenter son arsenal nucléaire.

« L’un des facteurs les plus destructifs compliquant les relations internationales s’avèrent être les agissements des États-Unis essayant de garder leur rôle dominant dans les affaires internationales », a-t-il déclaré dans un communiqué de l’armée russe. « C’est dans ce but que Washington et ses alliés prennent des mesures complexes, coordonnées, pour contenir la Russie et discréditer son rôle dans les affaires internationales », a-t-il ajouté.

« Dernière chance »

Le traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Ce traité, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5 500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

« D’abord, la partie américaine annonce son intention de se retirer du traité (...). Ensuite, elle commence à chercher des motifs pour le faire », a également déclaré mercredi Vladimir Poutine, cité par les agences de presse russes. « La justification numéro un est que nous violons quelque chose. En même temps, comme d’habitude, aucune évidence de ces violations de notre part n’a été fournie », a-t-il ajouté.

À l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN au siège de l’Alliance à Bruxelles, son secrétaire général Jens Stoltenberg a souligné mardi que « la Russie a maintenant une dernière chance de se conformer de nouveau au traité INF », précisant toutefois que « nous devons également commencer à nous préparer à un monde sans traité ». L’OTAN a ensuite adopté une déclaration dans laquelle elle accuse Moscou d’avoir violé le traité et de faire peser des risques importants sur la sécurité euro-atlantique. « Nous appelons la Russie à revenir sans délai à un respect total et vérifiable. Il appartient à présent à la Russie de préserver le traité INF », est-il indiqué dans la déclaration. Washington se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée dépasse, selon les États-Unis, les 500 km.

Ce nouveau système de missiles (nommé SSC8 dans la nomenclature OTAN) est considéré comme une menace réelle en raison de sa portée. Selon le secrétaire général de l’OTAN, ces missiles peuvent frapper les villes d’Europe en quelques minutes après avoir été tirés de l’intérieur du territoire russe et peuvent porter des charges nucléaires. Le département d’État américain a indiqué dans un communiqué publié mardi avoir fourni « plus qu’assez d’informations pour que la Russie s’implique de façon substantielle sur ce sujet ». Le délai de 60 jours avancé par M. Pompeo correspond à la prochaine réunion des ministres de la Défense de l’OTAN les 14 et 15 février 2019.

Source : AFP

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Taëf et le nouveau rapport de forces...

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué