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Moyen Orient et Monde - Crise

Les Européens tempèrent les ardeurs de Kiev contre Moscou

Le président Porochenko demande l’envoi de l’OTAN pour faire face à la Russie en mer d’Azov.

Le lieutenant général Sergiy Nayev cpmmende l’opération de Kiev contre les rebelles soutenus par Moscou près de Marioupol. AFP / Sega VOLSKII

Les pays européens tentaient hier de calmer les ardeurs de l’Ukraine, Angela Merkel appelant Kiev à la retenue après l’appel du président ukrainien Porochenko à envoyer l’OTAN pour faire face à la Russie en mer d’Azov. S’exprimant lors d’un forum économique germano-ukrainien, la chancelière allemande a appelé Kiev à « rester avisé », assurant qu’il n’était possible de « résoudre les choses qu’en restant raisonnables, en discutant les uns avec les autres ».

Quelques heures plus tôt, Petro Porochenko a demandé à l’OTAN une réponse ferme face à ce qu’il considère comme une agression de la Russie, qui a intercepté par la force dimanche trois navires de la marine ukrainienne en mer Noire, non loin de la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par la Russie en 2014. Cet accrochage est la première confrontation militaire ouverte entre Moscou et Kiev depuis cette annexion et le début la même année d’un conflit armé dans l’est de l’Ukraine entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses, qui a fait plus de 10 000 morts. Dans le quotidien allemand Bild, Petro Porochenko a appelé l’OTAN, et en particulier l’Allemagne, à envoyer des navires en mer d’Azov pour contrer la Russie : « L’Allemagne est l’un de nos plus proches alliés et nous espérons que des pays au sein de l’OTAN sont désormais prêts à dépêcher des navires en mer d’Azov pour aider l’Ukraine et y assurer la sécurité. »

« Pas de solution militaire »

Un appel visiblement laissé lettre morte. « Il ne peut y avoir de solution militaire à ces confrontations », a insisté la chancelière allemande, qui a toutefois promis d’aborder le sujet avec Vladimir Poutine au sommet du G20, qui s’ouvre aujourd’hui à Buenos Aires.

Sa prudence est à l’image de celle des Européens. Si l’Union européenne s’est dit « consternée par l’usage de la force de la Russie », les gouvernements des 28 pays n’envisagent pas de nouvelles mesures pour sanctionner la Russie. Des sources diplomatiques ont expliqué à l’AFP que de sérieuses divergences opposent les États européens, alors que l’adoption de nouvelles sanctions ne peut se faire qu’à l’unanimité. La Pologne a soutenu cette idée, mais plusieurs États comme la France et l’Allemagne ont jugé la démarche prématurée, selon une de ces sources.

Dans une déclaration publiée par la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, les 28 États membres ont toutefois demandé à la Russie « d’assurer un passage libre et sans entrave dans le détroit de Kertch à destination et en provenance de la mer d’Azov, conformément au droit international ». « Dans ce contexte, nous appelons aussi fermement la Russie à libérer sans condition et sans délai les navires capturés, leur équipage et leur équipement. »

Blocus

Le sujet sera au centre des entretiens des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN avec leur homologue ukrainien Pavlo Klimkine, la semaine prochaine à Bruxelles, mais l’Alliance est là aussi prudente. « Il y a déjà une forte présence de l’OTAN dans la mer Noire, et nous continuerons à l’évaluer », a déclaré sa porte-parole Oana Lungescu. Les marins faits prisonniers hier lors de l’accrochage ont été transférés dans la prison moscovite de Lefortovo, célèbre pour avoir longtemps été celle du KGB puis de son successeur le FSB, selon deux de leurs avocats. Les 24 marins, dont trois blessés, avaient été placés en détention jusqu’au 25 janvier par un tribunal de Simféropol, la capitale de la Crimée, une décision jugée « barbare et illégale » par Kiev. Alors qu’en Ukraine, la loi martiale est entrée en vigueur mercredi pour 30 jours dans dix régions frontalières et côtières, Vladimir Poutine avait lui défendu ses forces et jugé que les gardes-côtes russes avaient simplement « rempli leur devoir avec précision ». Il a qualifié l’accrochage de « provocation » organisée par M. Porochenko, mal en point dans les sondages à quelques mois de la présidentielle.

Le Kremlin a aussi nié avoir fermé le détroit de Kertch, comme l’affirme l’Ukraine. « Le détroit est ouvert et il fonctionne normalement », a affirmé aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Selon le ministre ukrainien des Infrastructures, Volodymyr Omelian, 18 navires ukrainiens attendent la permission de passer de la mer Noire à la mer d’Azov, cruciale pour les exportations de céréales ou d’acier produits dans l’est de l’Ukraine. Neuf autres bateaux attendent de passer en sens inverse. « Les ports ukrainiens de la mer d’Azov (...) subissent de fait un blocus de la Fédération russe », a-t-il accusé sur Facebook. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé sa médiation. « Nous allons transmettre les demandes de Kiev à M. Poutine lors de notre rencontre à Buenos Aires », a-t-il déclaré avant de s’envoler pour le G20. La rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine devrait, quant à elle, être annulée.

Source : AFP


Les pays européens tentaient hier de calmer les ardeurs de l’Ukraine, Angela Merkel appelant Kiev à la retenue après l’appel du président ukrainien Porochenko à envoyer l’OTAN pour faire face à la Russie en mer d’Azov. S’exprimant lors d’un forum économique germano-ukrainien, la chancelière allemande a appelé Kiev à « rester avisé », assurant qu’il n’était possible de « résoudre les choses qu’en restant raisonnables, en discutant les uns avec les autres ».Quelques heures plus tôt, Petro Porochenko a demandé à l’OTAN une réponse ferme face à ce qu’il considère comme une agression de la Russie, qui a intercepté par la force dimanche trois navires de la marine ukrainienne en mer Noire, non loin de la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par la Russie en 2014. Cet...
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