Le ministre d’État sortant aux Affaires de la femme, Jean Oghassabian, s’est dit désolé de constater que « le meurtre de Manal Assi, victime de violence domestique, constitue une matière pour des téléfilms ». Il faisait référence à la diffusion, mardi soir, d’un épisode dans le cadre du programme Atel an al hourriyé sur la chaîne MTV, consacré à l’affaire Manal Assi, mais qui au final n’a pris en considération que le point de vue du mari, Mohammad Nhaïly, rencontré en prison et qui a implicitement justifié le meurtre qu’il a commis en insistant tout au long de l’épisode sur l’infidélité de Manal.
Manal Assi a été tuée, rappelons-le, le 4 février 2014 à l’âge de 33 ans par son mari qui l’a rouée de coups avec une cocotte-minute, lui brûlant le cou, « après avoir versé le contenu de la marmite sur elle ». Il aurait reçu un appel téléphonique lui rapportant l’infidélité de son épouse. Selon une parente de la victime, il a tué son épouse parce qu’elle s’était opposée à son troisième mariage.Dans un communiqué, M. Oghassabian a dénoncé l’impact négatif d’un tel programme qui « justifie la violence exercée contre la femme ». Il s’est dit désolé qu’un tel épisode soit diffusé parallèlement à la campagne des seize jours, qui s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Il a en outre appelé le Conseil national de l’information et le ministère de l’Information à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher la promotion de la culture justifiant la violence à l’égard des femmes ». M. Oghassabian a souligné dans ce cadre que « les médias sont un partenaire principal dans la sensibilisation à la lutte contre la violence faite aux femmes ».


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