Poignée de main à Baabda, hier, entre le président du Parlement belge et le chef de l’État Michel Aoun. Photo Dalati et Nohra
Le président de la République, Michel Aoun, a réitéré hier son appel à un retour des réfugiés syriens dans leur pays, sans nécessairement attendre qu’une solution politique soit mise en place, comme le demandent la plupart des pays occidentaux. Le chef de l’État s’exprimait lors d’une rencontre avec le président du Parlement belge, Siegfried Bracke, en visite officielle à Beyrouth. M. Bracke était accompagné d’une délégation parlementaire, ainsi que de l’ambassadeur de Belgique, Hubert Cooreman, et du député Yassine Jaber.
« La meilleure solution serait que les réfugiés rentrent dans les régions sûres, car lier ce retour à une solution politique de la crise syrienne laisse planer le doute quant à la possibilité qu’ils restent dans les pays d’accueil », a affirmé le président, qui a donné l’exemple des réfugiés palestiniens, dont le dossier est sans issue depuis 70 ans. M. Aoun a par ailleurs demandé à la communauté internationale que « l’aide soit accordée aux réfugiés après leur retour, ce qui leur permettra de reconstruire leur pays et leurs maisons ».
La Belgique, qui s’apprête à faire partie des membres du Conseil de sécurité de l’ONU à partir de janvier, « en profitera pour soutenir le Liban au niveau international », a pour sa part assuré M. Bracke.
Le protocole libano-belge reconduit
Siegfried Bracke a par ailleurs rencontré son homologue libanais, Nabih Berry, hier à Aïn el-Tiné. Durant cette visite, un protocole de partenariat parlementaire entre les deux pays a été reconduit pour une période de trois ans. Ce protocole porte sur l’échange d’expertise entre le Liban et la Belgique, notamment dans le domaine de la législation.
Questionné sur la formation du gouvernement, M. Berry s’est rangé du côté du chef de l’État qui avait déclaré dernièrement que « le pays n’avait plus la possibilité de prendre son temps ». Le président du Parlement belge s’est également entretenu hier en soirée avec le Premier ministre désigné, Saad Hariri, notamment concernant la question des réfugiés syriens. « Nous avons dit au Premier ministre que nous étions disposés à aider le gouvernement libanais à traiter le problème des réfugiés et nous espérons que la nouvelle équipe ministérielle sera bientôt formée et qu’elle procédera très prochainement aux réformes requises par l’accord de Paris (CEDRE) », a déclaré M. Bracke à l’issue de la réunion. « Nous espérons que votre gouvernement sera formé très bientôt, car nous avons besoin de stabilité dans la région, et le Liban est un acteur-clé dans la promotion de cette stabilité », a-t-il ajouté.

