L’ancien infirmier allemand, Niels Högel, a admis hier à l’ouverture de son procès les 100 meurtres de patients. Hauke-Christian Dittrich/DPA/AFP
Un ancien infirmier allemand, Niels Högel, a admis hier à l’ouverture de son procès les 100 meurtres de patients dont on l’accuse, une affaire sans précédent dans l’histoire allemande d’après-guerre. Après une minute de silence à la mémoire des victimes et la lecture de l’acte d’accusation, la Cour a demandé à M. Högel si les accusations le visant étaient justes. « Oui », a-t-il répondu à voix basse. Pourquoi avoir décidé de tout reconnaître ? « En lisant les dossiers, les souvenirs me sont revenus et avec la thérapie (...) j’ai commencé à reconnaître l’ampleur » du crime, a-t-il dit dans l’après-midi, évoquant aussi « sa honte ». « Que ça vienne comme ça, je ne m’y attendais pas. On a une chance de faire un grand pas en avant maintenant », a réagi le petit-fils d’un défunt, Christian Marbach, pour qui Högel apparaît désormais comme « un petit tueur de masse vulnérable ». Cet homme de 41 ans, qui purge déjà une peine de prison à perpétuité depuis près de dix ans pour six crimes similaires, faisait face à des dizaines de proches de défunts réunis dans le centre polyvalent d’Oldenbourg, dans le nord-ouest de l’Allemagne, faute de place suffisante au tribunal.
« C’était le stress »
Tous veulent que justice soit rendue, mais aussi comprendre comment l’infirmier a pu tuer de 2000 à 2005 dans les hôpitaux où il travaillait sans que ses employeurs, la police ou la justice ne réagissent. « Tous les éléments étaient là, tout était connu. Pas besoin d’être Sherlock Holmes » pour comprendre qu’un meurtrier était à l’œuvre, explique M. Marbach. Niels Högel a aussi apporté de premiers éléments de réponse sur sa vie, expliquant s’être drogué aux analgésiques pour faire face à la pression d’un service de soins intensifs en sous-effectif.
« C’était le stress. Avec les médicaments, ça me paraissait plus facile », a expliqué l’accusé, ajoutant qu’il aurait dû réaliser que « ce métier n’était pas fait pour (lui) ». Pendant cinq ans, d’abord dans l’hôpital d’Oldenbourg, puis dans celui de la commune voisine de Delmenhorst, Niels Högel a injecté à des patients, intentionnellement selon l’accusation, des médicaments pour provoquer un arrêt cardiaque avant de tenter de les ranimer, le plus souvent sans succès. Ce qu’il recherchait, expliquait-il hier, c’est la satisfaction et les « commentaires positifs » qu’il recevait après avoir sauvé une vie. Pour le parquet, il agissait aussi pour tromper « l’ennui », tandis que l’expertise psychiatrique a révélé des troubles narcissiques et une peur panique de la mort. Selon des codétenus, il se satisfait d’être le plus grand criminel depuis la dernière guerre en Allemagne. Le juge Sebastian Bührmann a promis hier d’élucider toutes les zones d’ombre du dossier lors de ce procès appelé à durer au moins jusqu’en mai : « C’est comme une maison dont les pièces sont plongées dans le noir. Nous voulons faire la lumière dans le noir. »
200 victimes ?
Car si le procès porte sur 100 meurtres, Niels Högel aurait encore bien des secrets. Les enquêteurs évaluent le nombre réel de ses victimes à plus de 200, mais impossible de le prouver, car de nombreux patients ont été incinérés. Surpris en 2005 en train d’injecter un produit non prescrit à un patient à Delmenhorst, Niels Högel est condamné en 2008 à sept ans de prison pour tentative de meurtre. Un deuxième procès suit en 2014/2015. Il est reconnu coupable de meurtres et tentatives de meurtres sur cinq autres personnes, et condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 15 ans. C’est alors qu’il avoue à son psychiatre au moins 30 meurtres de plus à Delmenhorst.
Source : AFP


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C'est comme avec les pilotes , nous confions nos vies à des personnes pas toujours très nettes . Mais ça reste un beau salaud .
11 h 35, le 31 octobre 2018