« Le Premier ministre Saad Hariri est en Arabie saoudite pour deux jours, j’espère qu’on ne dira pas qu’il est retenu en otage », a plaisanté hier le prince héritier saoudien, aux côtés de Saad Hariri, lors d’une session du Future Investment Initiative à Riyad. Photo Dalati et Nohra
Depuis Riyad (Arabie saoudite), où il se trouve depuis mardi pour participer au Forum économique sur l’investissement, le Premier ministre désigné Saad Hariri a exprimé l’espoir que le nouveau gouvernement soit formé dans les prochains jours.
« La formation des gouvernements au Liban prend toujours du temps, mais nous espérons que dans les prochains jours, le cabinet sera mis en place », a affirmé M. Hariri lors de sa participation aux côtés du prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, à une session du Forum appelé aussi « Davos du désert », en référence au sommet économique mondial organisé chaque année en Suisse.
Le Premier ministre désigné a, par ailleurs, assuré que le prochain cabinet appliquera les réformes préconisées par la conférence CEDRE, tenue à Paris en avril dernier, en vertu de laquelle le pays a obtenu 11 milliards de dollars en prêts et dons, dans le cadre d’un plan global de réformes et d’investissements d’infrastructures préparé par l’État. « Ce gouvernement mettra en application toutes les décisions prises lors de la conférence », a-t-il affirmé, soulignant que « le futur gouvernement sera celui du travail et du regain de confiance des Libanais en leur État ». M. Hariri a affirmé que « toute formation politique qui veut intégrer le gouvernement va adhérer à ces réformes », parce que, a-t-il dit, « le Liban, qui souffre de la corruption et de la dilapidation des fonds, ne pourra pas surmonter les défis sans les mettre en place ». Et d’évoquer parmi les défis la présence d’un million et demi de déplacés syriens, qu’il a qualifiée « de lourd fardeau ».
Rappelant que « le gouvernement prochain sera celui de l’union nationale », M. Hariri a précisé que « tout retard dans la formation du cabinet a pour but d’obtenir au final un gouvernement qui réalise les ambitions des Libanais ».
Le Premier ministre a, par ailleurs, évoqué « le développement du secteur privé sur lequel sont bâties les recommandations de la conférence de Paris ». « Nous avons développé la loi sur le Partenariat public et privé (PPP) », a-t-il indiqué, soulignant que « dans leur grande majorité, les projets liés aux secteurs de l’électricité, de l’aéroport, de l’eau, ou encore des routes, seront réalisés à travers le secteur privé », ce qui, a-t-il souligné, ne coûtera rien à l’État «. » Quant aux projets non dotés d’une orientation commerciale, ils seront financés notamment par la Banque mondiale et le Fonds d’investissement saoudo-koweïtien « a-t-il précisé.
Sur un autre plan, le Premier ministre désigné a révélé que » la femme aura un grand rôle dans ce gouvernement «, estimant par ailleurs qu’il est « important que les futurs ministres soient jeunes », et révélant que « des technocrates feront partie du cabinet ». C’est lors de cette session que, lançant une boutade à l’adresse de l’audience, le prince héritier saoudien, MBS, a évoqué une éventuelle prolongation du séjour en Arabie saoudite de M. Hariri, lequel avait initialement affirmé qu’il y resterait « quelques heures ». « J’espère qu’on ne dira pas qu’il est retenu en otage », a-t-il plaisanté, suscitant une réponse badine du Premier ministre désigné : « Je suis totalement libre. » MBS a également évoqué, pour la première fois publiquement, l’affaire Khashoggi, du nom du journaliste saoudien assassiné au sein du consulat saoudien à Istanbul. « L’incident est très douloureux pour tous les Saoudiens. C’est un incident hideux et totalement injustifiable », a-t-il déclaré. Dans la matinée, M. Hariri avait été reçu par le roi Salmane ben Abdel Aziz au palais Yamama, pour un entretien qui a porté sur les relations bilatérales et les derniers développements dans la région.


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