Le gouvernement néerlandais a annoncé jeudi que le ministre des Finances Wopke Hoekstra annulait sa participation au sommet économique à Ryad, en raison de la disparition "très grave" du journaliste saoudien critique du pouvoir Jamal Khashoggi.
Cette conférence, surnommée le "Davos du désert", doit se dérouler du 23 au 25 octobre dans la capitale saoudienne. La liste des dirigeants renonçant à y participer ne cesse de s'allonger, deux semaines après la disparition de M. Khashoggi.
L'annonce du gouvernement néerlandais suit celles du ministre français de l'Economie Bruno Le Maire et de la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, qui ont aussi annulé leur participation.
"La disparition de #Khashoggi est une affaire très grave. L'Arabie saoudite n'a pas encore été en mesure de fournir une clarification" à ce sujet, a déclaré le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok sur Twitter. "C'est pourquoi nous avons décidé aujourd'hui que @WBHoekstra ne se rendrait pas à Riyad. Les Pays-Bas défendent la liberté de la presse dans le monde", a-t-il ajouté.
Le gouvernement néerlandais a également annulé une mission commerciale prévue en Arabie saoudite pour décembre.
Dans une lettre envoyée jeudi au Parlement, Stef Blok estime qu'"une grande responsabilité repose sur les autorités saoudiennes afin de clarifier le sort de M. Khashoggi". Les Pays-Bas vont à présent examiner "en étroite collaboration avec l'UE et d'autres partenaires partageant le même point de vue de quelle façon répondre au mieux aux préoccupations internationales concernant l'affaire Khashoggi", a poursuivi M. Blok. "Chaque disparition - ou pire, meurtre - est affreuse mais, quand il s'agit d'un journaliste, c'est un choc supplémentaire pour l'ordre légal et la liberté d'expression car les journalistes ont un rôle particulier à jouer dans notre société", a-t-il ajouté.
Jamal Khashoggi, collaborateur du Washington Post et résident américain permanent, a disparu le 2 octobre au cours d'une visite au consulat saoudien d'Istanbul. Selon des responsables turcs, il a été tué et démembré à l'intérieur du consulat. Le journaliste, critique du pouvoir de Riyad, s'était exilé en 2017 aux États-Unis, après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

