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Culture

« Almost There » sur le chemin de la justice

Festival du documentaire
OLJ
12/10/2018

« Sur le chemin de la justice » est le thème choisi par la Heinrich Böll Foundation-bureau Moyen-Orient à Beyrouth pour la troisième édition de son festival du film Almost There qui se tiendra aujourd’hui vendredi 12 et jusqu’au dimanche 14 octobre au musée Sursock, au cinéma Metropolis Empire Sofil et au Goethe Institut-Gemmayzé.

Lancé il y a trois ans dans le but de sensibiliser un large public au thème de l’immigration – ses causes, ses conséquences et son vécu – et aux droits humains, le festival du film Almost There revient pour la troisième année consécutive. Souhaitant aller encore plus loin, le festival déploie cette année une large palette de films traitant des droits et de leur respect, de la justice et de l’injustice.

Partout à travers la planète, les chemins conduisant à la justice se rétrécissent, les outils à la disposition de la justice semblent de plus en plus dévoyés, mais le désir de justice reste présent, puissant. Preuve en est la douzaine de films sélectionnés par l’équipe du bureau beyrouthin de la Fondation Heinrich Böll.

Pour inaugurer le festival, une table ronde sur le thème « Où en est-on sur le chemin de la justice ? » Modérée par la juriste Nayla Geagea, cette table ronde se tiendra au musée Sursock aujourd’hui à 19 heures. Les panélistes (Abdullah al-Kafri, dramaturge syrien, metteur en scène de The Confession et directeur de l’ONG Ettijahat-Independent Culture), Antonia Klein (Centre européen pour les droits humains et constitutionnels), Diana Abou Abbas (Mars-Centre de santé sexuelle) et Chato, personnage du film The Silence of Others et combattant pour la justice) discuteront des différents moyens qui peuvent être utilisés pour développer une législation qui soit au service d’une vision plus inclusive de la citoyenneté.

Cette discussion sera suivie par la projection à 21 heures au cinéma Metropolis Empire Sofil du dernier documentaire de Carol Mansour, Men on Hold (« Des hommes en attente »), qui évoque les effets psychologiques et sociétaux subis par les hommes confrontés à la guerre et au déplacement. La réalisatrice sera présente pour une séance de questions/réponses avec le public. Parmi les films phares du festival, signalons :

The Silence of Others (« Le Silence des autres ») d’Almudena Carracedo et Robert Bahar, qui embarque le spectateur d’Espagne en Argentine, en compagnie des survivants du franquisme, dans un combat pour la reconnaissance des droits des victimes. Chato, un des personnages du film, combattant pour la justice, sera à Beyrouth pour une séance de questions/réponses avec le public après la projection du film.

Memory : Unknown (« Mémoire : inconnue » ; al-Zakira : majhoula) de Sophie Deek, ou la recherche des origines pour des femmes et des hommes nés au Liban de parents inconnus pendant la guerre civile, adoptés en Europe et qui souhaitent connaître leurs géniteurs. (Projection privée au Goethe Institut, pré-enregistrement requis par e-mail à l’adresse : info@lb.boell.org.)

This Little Father Obsession de Selim Mourad montre, à travers un dialogue entre un fils et son père, les conflits entre aspirations personnelles, tradition patriarcale et désir d’émancipation. (Projection privée au Goethe Institut, pré-enregistrement requis par e-mail à l’adresse : info@lb.boell.org.)

Avec El Botton de Nacar (« Le Bouton de nacre »), le Chilien Patricio Guzman déploie un très beau film sur l’océan qui borde son pays et qui contient toute la mémoire de l’humanité et les secrets d’une nation.

Violence(s)

La violence qui sévit partout incite plus particulièrement à la réflexion, à travers plusieurs films. Warfare in the Air de Abdullah al-Hakawati, ou la violence « banale » qui rythme la vie d’une famille syrienne vivant dans une ville assiégée, sous les bombes, entre rationnement et gestes quotidiens. The Cleaners de Hans Block et Moritz Riesewieck aborde le thème caché de la violence sur internet, violence que quelques « nettoyeurs » sont en charge de canaliser, à leur corps – physique et mental – défendant.

La violence faite aux enfants avec Even When I Fall (« Même quand je tombe ») de Sky Neal et Kate

McLarnon, sur le trafic d’enfants népalais travaillant dans les cirques indiens. Et la résilience comme une forme de justice. La violence faite aux femmes et à toute la famille avec Equality : It’s All in the Family de Deb Bergeron pour le Women’s Learning Partnership, ou comment l’éducation au sein de la famille est le seul moyen d’éradiquer toute violence.

Deux films qui abordent les souffrances générées par l’emprisonnement, arbitraire ou décidé par une instance judiciaire. Free Men d’Anne-Frédérique Widmann accompagne le combat pour la vie de Kenneth Reams, condamné à mort aux États-Unis, en attente d’exécution depuis 25 ans. Isabelle Watson Reams, son épouse, sera à Beyrouth pour engager avec le condamné – par téléphone – et le public un dialogue à cœur ouvert. Et Tadmor de Monika Borgmann et Lokman Slim, mettant en scène d’anciens prisonniers libanais de la terrible prison syrienne de Tadmor – une des pires – libérés en 2011 et qui ont accepté de « rejouer » leur calvaire. Une séance de questions/réponses avec les deux réalisateurs est prévue.

En clôture, une fiction tunisienne, La belle et la meute de Kaouthar Ben Hania, un thriller palpitant, ou comment une jeune femme voit sa vie changer en une nuit, suite au viol qu’elle subit au commissariat de police. Comment peut-on obtenir justice quand les coupables sont ceux-là mêmes qui sont censés nous

protéger ?

« Almost There Film Festival » est organisé avec le soutien de l’ambassade suisse au Liban, le musée Sursock et le Goethe-Institut.

Entrée gratuite pour toutes les séances. Programme à consulter sur les réseaux sociaux : #AlmostThere18

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IL N,Y A PAS D,ALMOST THERE EN JUSTICE .. IL Y A -THERE- OU IL N,Y A RIEN...

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