En réponse au scandale soulevé par des habitants de la banlieue sud de Beyrouth sur l’eau polluée dans les maisons, le directeur général de l’Office des eaux de Beyrouth et du Mont-Liban, Jean Gebran, a déclaré hier que « les tests chimiques effectués sur des échantillons prélevés dans la région de Haret Hreik montrent que l’eau distribuée par l’office est totalement dépourvue de bactéries ».
Rappelons que des tests effectués à la demande d’un habitant de Haret Hreik et publiés sur les réseaux sociaux, montrant des résultats « non conformes » aux normes, ont suscité une polémique autour de la qualité de l’eau dans cette région surpeuplée. Plusieurs témoignages ont fait état d’eau sale parvenant aux domiciles, qu’elle vienne des sources étatiques ou de puits privés, ou encore de citernes commandées (voir L’OLJ du mardi 9 octobre). Lundi, en collaboration avec la municipalité, l’Office des eaux de Beyrouth a prélevé des échantillons dans les quartiers proches du complexe résidentiel où le problème a été constaté, et ce sont ces résultats qui ont été annoncés hier.
À ce propos, Jean Gebran a dit : « La pollution bactériologique dont a parlé un habitant a été décelée dans l’eau de deux puits privés relevant du bâtiment où il se trouve, ce que nos tests sur des échantillons prélevés dans ce bâtiment prouvent effectivement. Mais il faut savoir que l’Office des eaux de Beyrouth n’a rien à voir avec cette eau. »
M. Gebran a appelé les habitants « à rationaliser l’utilisation de l’eau en cette période délicate de sécheresse afin de ne pas se trouver dans la nécessité d’avoir recours à l’eau des puits ». Il les a exhortés « à communiquer avec l’Office des eaux dès qu’ils ont une plainte afin de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens, ce qui permettra d’accéder aux droits sans recours aux mesures chaotiques et aux diffusions d’informations non vérifiées sur les réseaux sociaux, répandant ainsi la panique ».
Rappelons par ailleurs qu’un comité de suivi, formé d’experts et d’habitants, a été formé lundi suite à cet incident. Le militant qui est à l’origine de cette initiative, Wassef Haraké, déclarait à L’OLJ que le problème de la pollution bactériologique dans l’eau de la banlieue sud a été dévoilé dès 2014 et n’est pas limité à un quartier. Il assure que la lutte se poursuivra jusqu’à ce que « des solutions radicales » soient trouvées.

