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Moyen Orient et Monde - Environnement

Face au risque d’emballement climatique, le nouveau coup de semonce du GIEC

Selon le rapport, un réchauffement dépassant les 1,5° C accroîtrait le risque de changements profonds, voire irréversibles.


Le glacier Collins dans l’Antarctique. Mathilde Bellenger/AFP

En théorie, contenir l’emballement climatique qui nous guette est encore possible, mais en pratique ? Le monde doit engager des transformations « rapides » et « sans précédent » s’il veut limiter le réchauffement à 1,5° C, une cote d’alerte qui pourrait être atteinte dès 2030, préviennent les experts climat de l’ONU.

Dans un rapport de 400 pages, dont le « résumé à l’intention des décideurs politiques » a été publié hier, les scientifiques exposent les impacts déjà visibles et la menace d’emballement au-delà de 1,5° C de réchauffement (par rapport aux niveaux préindustriels) : canicules, extinction d’espèces, déstabilisation des calottes polaires, montée des océans sur le long terme...

« Chaque petit accès de réchauffement supplémentaire compte, d’autant que passer 1,5° C accroît le risque de changements profonds, voire irréversibles, comme la perte d’écosystèmes », explique Hans-Otto Pörtner, coprésident de cette session du GIEC, qui a réuni chercheurs et représentants des pays pendant une semaine en Corée du Sud. Si le mercure continuait de grimper au rythme actuel sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre, ce seuil de 1,5° C devrait être atteint entre 2030 et 2052, note le rapport, basé sur plus de 6 000 études. Si les États s’en tiennent à leurs engagements actuels, dans le cadre de l’accord de Paris en 2015, ce sera +3° C à la fin du siècle. Alors que faire, tandis que 2017 a vu les émissions mondiales liées à l’énergie repartir à la hausse ? Ou quand, au Brésil, premier pays forestier, le favori à la présidentielle n’évoque dans son programme ni déforestation ni climat ?

Neutralité carbone en 2050

Pour le GIEC, afin de rester à 1,5° C, les émissions de CO2 devront chuter drastiquement bien avant 2030 (-45 % d’ici à 2030) et le monde atteindre une « neutralité carbone » en 2050 : autrement dit, il faudra cesser de mettre dans l’atmosphère plus de CO2 qu’on ne peut en retirer.

Villes, industries, énergie, bâtiment... tous les secteurs sont appelés à de « profondes réductions d’émissions », à « une transition » d’une ampleur « sans précédent ». Le GIEC insiste sur l’énergie au charbon, au gaz, au pétrole générant les trois quarts des émissions – et propose plusieurs scénarios chiffrés incluant différentes combinaisons d’actions. « Les années à venir seront les plus déterminantes de notre histoire », explique la Sud-Africaine Debra Roberts, autre coprésidente. Pour la climatologue française Valérie Masson-Delmotte, c’est « un constat lucide et difficile : la politique des petits pas, ça ne suffit pas ». « Il nous dit : si on n’agit pas maintenant, on va vers un monde où on sera en permanence en gestion de crises », dit-elle.

Aux politiques de jouer

« Nous avons cherché à voir si les conditions pour tenir 1,5° C étaient réunies », a résumé Jim Skea, de l’Imperial College de Londres, lors d’une conférence de presse hier à Incheon.

« Et oui, les lois de la physique et de la chimie le permettent, ainsi que les technologies, le changement des modes de vie et les investissements. La dernière chose, à laquelle les scientifiques ne peuvent répondre, c’est si c’est faisable politiquement et institutionnellement. Nous avons remis le message aux gouvernements, nous leur avons donné les preuves, à eux de voir. »

Ce rapport a une portée d’autant plus politique qu’il a été commandé par l’ONU dans le but de nourrir le processus de révision des engagements nationaux, qui sera lancé aux négociations sur le climat en décembre en Pologne (COP24). « Nous devons renforcer nos ambitions dans la lutte contre le changement climatique conformément aux conclusions du GIEC », a réagi sur Twitter le commissaire européen à l’Énergie Miguel Arias Canete. Le Conseil environnement de l’UE se réunit mardi avec, à l’agenda, les émissions de véhicules et la COP24. À cette occasion, une vingtaine de scientifiques ont appelé hier l’Union à aligner ses objectifs sur le rapport du GIEC.

L’Alliance des petits États insulaires, à la pointe du combat pour inscrire l’objectif 1,5°, et pas seulement 2° C, dans l’Accord de Paris, a exhorté « les nations civilisées à prendre leurs responsabilités ». « Le rapport montre que nous n’avons plus qu’une occasion, des plus minces, pour éviter des dommages impensables au système climatique qui nous fait vivre », a dit son représentant Amjad Abdulla. « Ce qui compte maintenant est que nous décidions d’essayer et que nous en fassions notre priorité », a indiqué Kaisa Kosonen, responsable climat pour Greenpeace.

Source : AFP

En théorie, contenir l’emballement climatique qui nous guette est encore possible, mais en pratique ? Le monde doit engager des transformations « rapides » et « sans précédent » s’il veut limiter le réchauffement à 1,5° C, une cote d’alerte qui pourrait être atteinte dès 2030, préviennent les experts climat de l’ONU.Dans un rapport de 400 pages, dont le « résumé à l’intention des décideurs politiques » a été publié hier, les scientifiques exposent les impacts déjà visibles et la menace d’emballement au-delà de 1,5° C de réchauffement (par rapport aux niveaux préindustriels) : canicules, extinction d’espèces, déstabilisation des calottes polaires, montée des océans sur le long terme... « Chaque petit accès de réchauffement supplémentaire compte,...
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