La voiture n’est plus un objet de fantasme
L’équipement en automobiles continue de progresser dans le monde malgré l’essor des nouvelles mobilités, mais la voiture devient moins un objet de fantasme, estime Jean-François Doulet, spécialiste des mobilités et auteur d’un Atlas de l’automobile, en marge du Mondial de l’auto. « L’achat statutaire est devenu moins important, la voiture est de moins en moins objet de fantasme et de plus en plus de l’ordre du quotidien, assure l’expert. La classe moyenne des Trente Glorieuses s’était construite, entre autres, sur la valorisation symbolique de la voiture. Aujourd’hui, ça l’est largement moins, entre ceux qui sont prêts à délaisser la voiture pour aller vers les services de mobilité et ceux qui la voient juste comme un moyen de transport. »
Les véhicules neufs n’ont plus la cote
Les Européens achètent moins de véhicules neufs, privilégiant le marché de l’occasion. « Au début des années 1990, les ventes aux particuliers représentaient les trois quarts du marché français. Aujourd’hui, on est à moins de la moitié », constate Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile, en marge du Mondial de l’auto. « Ce qui est frappant, c’est que la baisse est constante sur les 25 dernières années », et elle est générale en Europe, explique-t-il, ajoutant : « Les automobiles sont de plus en plus chères. Les jeunes n’achètent pas de voitures neuves, mais ce n’est pas qu’ils les rejettent ou n’en ont pas besoin. C’est simplement qu’elles sont financièrement hors de portée. »
Le diesel résiste, mais est condamné
Après des années de dégringolade, les ventes de voitures diesel se sont stabilisées en Europe ces derniers mois, mais la technologie, tombée en disgrâce après le scandale Volkswagen, paraît toujours condamnée. « Aujourd’hui, on est probablement dans un phénomène de plateau », constate Guillaume Crunelle, responsable automobile chez Deloitte, en marge du Mondial de l’auto. « Si les voitures diesel se vendent très difficilement auprès des particuliers, elles continuent d’être plébiscitées par les entreprises. Les modèles hybrides ou 100 % électriques finiront par s’imposer, mais ne sont pas encore compétitifs pour les usages professionnels », estime-t-il. Toutefois, à l’horizon 2022-2023, les experts de Deloitte prédisent des véhicules 100 % électriques.
La voiture électrique, un véhicule de riche
Les constructeurs et les gouvernements auront fort à faire pour convaincre les automobilistes que la voiture électrique est moins chère à l’usage qu’un modèle à moteur thermique, montre une étude publiée à la veille du Mondial de l’auto. Selon cette enquête, réalisée en ligne pour l’Observatoire Cetelem de l’automobile auprès de 10 600 personnes provenant de 16 pays, 73 % des personnes interrogées pensent que posséder une voiture électrique coûte plus cher, même si l’on inclut dans l’équation ses coûts d’utilisation très inférieurs à ceux d’un véhicule traditionnel (prix de l’électricité, assurance, frais de maintenance).
Renault lance une petite citadine électrique
À la veille du Mondial de l’auto, Renault a présenté une nouvelle petite voiture électrique, la K-ZE, qui sera fabriquée et commercialisée dans un premier temps en Chine, à partir de 2019, avant un déploiement à l’international. Ce véhicule du segment A (de la taille d’une Twingo), au style de SUV, est sur le plan du design la copie conforme de la Kwid, une petite voiture à quatre places ultra-low cost. Il sera doté d’une autonomie de 250 km et son prix sera « abordable », selon Renault, qui a également confirmé le lancement en 2020 des versions hybrides de la Clio, et hybrides rechargeables des berlines Mégane et du SUV Captur.


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