Au Louvre, l’archéologie revue par la BD
« L’archéologie en bulles », ou comment les auteurs de bande dessinée se réapproprient les explorations et les sites archéologiques pour leurs aventures fabuleuses ou décalées : tel est le propos d’une exposition insolite inaugurée hier au Louvre. Dans la Petite Galerie, espace d’éducation culturelle du musée, le 9e art est confronté à des peintures, gravures, sculptures ou carnets de dessins qui ont documenté, raconté, parfois mythifié les expéditions archéologiques depuis le XIXe siècle, de l’Égypte à l’Orient, en passant par la Rome antique, la Grèce et le Moyen Âge. L’exposition durera jusqu’en juillet 2019, et les bandes dessinées vont être renouvelées à trois reprises durant la période. Les sites et l’archéologie inspirent les artistes depuis le XVIIIe siècle, avec notamment le traditionnel voyage en Italie au XIXe siècle. Depuis le début du XXe siècle, ces explorations déchaînent la fantaisie des auteurs de BD : souterrains, gouffres, épaves, cavernes, villes et civilisations disparues. Le héros de bande dessinée, aventurier ou explorateur, y va à la chasse aux trésors et au fantastique, parfois plongeant audacieusement dans les mondes enfouis dans l’univers contemporain. Enki Bilal, Jul, Nicolas de Crécy, Winsor McCay, Frank Miller, Harold R. Foster, Milo Manara, Emmanuel Guibert, Andreas, Lorenzo Mattotti, François Schuiten, John Buscema sont exposés dans cette première séquence. Les grands noms de la BD comme Tintin, Alix, Blake et Mortimer ou encore Astérix sont absents. « Il est temps de montrer autre chose de tout aussi passionnant que les éternels représentants de la bande dessinée largement accessibles par ailleurs », justifie Fabrice Douar, responsable pour la bande dessinée aux Éditions du musée. Pour Jul, auteur de la célèbre bande dessinée Silex and the City, cette exposition contribue à une « désacralisation du lieu », le rendant plus accessible aux jeunes. Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre et commissaire de l’exposition, souligne que la BD « est présente ici comme un art. Elle n’est pas là comme un décor, une mise en scène ; elle n’est pas là non plus comme une documentation » des œuvres exposées. Il s’agit, explique-t-il, de rendre l’immense musée plus « accueillant ».
Doutes sur l’authenticité d’un chapeau d’Abraham Lincoln
Le musée du président américain Abraham Lincoln va-t-il manger son chapeau ? De récents tests ADN remettent en cause l’authenticité d’un couvre-chef que l’on pensait jusqu’alors avoir coiffé la tête de l’un des plus célèbres présidents américains. Le chapeau en question est un haut-de-forme de couleur brune, en fourrure de castor, détenu par l’Abraham Lincoln Presidential Library and Museum, le musée consacré à l’illustre homme d’État, dans la ville de Springfield au sud de Chicago. Le musée assure depuis de longues années qu’il a orné la tête du 16e président des États-Unis, connu pour avoir mis fin à l’esclavage et remporté la guerre de Sécession. Abraham Lincoln est aussi réputé pour son sens de l’esthétique. Il s’agit de l’un des trois chapeaux ayant appartenu à Lincoln aujourd’hui visibles dans un musée américain – une pièce précieuse pour la collection du musée, attirant de nombreux visiteurs, et qui est estimée à 6,5 millions de dollars. Mais il se pourrait finalement qu’il n’ait jamais appartenu à Abraham Lincoln. Des experts du FBI et des conservateurs de l’institution muséographique Smithsonian ont analysé le chapeau à la demande, jusqu’ici restée confidentielle, de la fondation du musée de l’Illinois, une organisation indépendante responsable de collectes de fonds et d’acquisition d’objets. Des tests ADN ont été réalisés, comparant des échantillons du chapeau à ceux du sang d’Abraham Lincoln collecté la nuit de son assassinat, en 1865. Résultat : non concluant. Les historiens ont ainsi écrit un rapport recommandant au musée de « bien vouloir atténuer ses affirmations à propos du chapeau », puisque son origine ne pouvait pas être formellement identifiée. Ces résultats n’ont pas été rendus publics, avant que la radio locale WBEZ ne les révèle cette semaine. Le curateur du musée, Alan Lowe, a exprimé sa frustration à propos du silence de la fondation, tout en minimisant les résultats des analyses ADN, réalisées à partir d’un objet vieux de 180 ans et manipulé par de nombreuses personnes. Le chapeau n’est pour le moment plus exposé, mais il le sera de nouveau lorsque de nouveaux tests – qui seront rendus publics – auront été réalisés.


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