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Rohingyas : les USA accusent l'armée birmane d'exactions "planifiées"

Reuters
25/09/2018

Le département d'Etat américain accuse l'armée birmane d'avoir commis des exactions "planifiées et coordonnées avec soin" à l'encontre des Rohingyas, dans un rapport publié lundi. Ses conclusions pourraient conduire à un alourdissement des sanctions américaines, dit-on à Washington. Les auteurs du rapport ne parlent toutefois pas de génocide ni de crimes contre l'humanité, mais ce point a donné lieu à un intense débat, qui a retardé la publication du document de près d'un mois.

Le rapport de 20 pages s'appuie sur les témoignages d'un millier de Rohingyas interrogés dans les camps de réfugiés bangladais, où 700.000 membres de cette minorité musulmane ont trouvé refuge l'année dernière. "L'étude révèle que les récentes violences dans l'Etat de Rakhine étaient extrêmes, à grande échelle, généralisées et semblaient avoir pour but de terroriser la population et de chasser les Rohingyas", peut-on y lire. "La portée et l'ampleur des opérations militaires montrent qu'elles étaient bien planifiées et coordonnées." Les rescapés interrogés parlent de meurtres de nourrissons et d'enfants en bas âge, d'exécutions sommaires, de victimes enterrées vivantes ou jetées dans des fosses communes et de viols à grande échelle, souvent en public.

Interrogés sur ces témoignages, un porte-parole du gouvernement birman a dit ne pas être en mesure de réagir. Aucun représentant de l'armée n'a pu être contacté.

Outre les 700.000 réfugiés, la vaste campagne de répression militaire lancée fin août 2017 après des violences séparatistes a fait plusieurs milliers de morts, selon les mouvements de défense des droits de l'homme et les organisations représentatives de la minorité.

Le rapport a été publié discrètement sur le site Internet du Département d'Etat, près d'un mois après celui de l'Onu qui accuse l'armée "d'intentions génocidaires" et recommande l'ouverture de procédures judiciaires internationales à l'encontre du chef d'Etat-major et de cinq généraux.

L'objectif de ce document, dit-on au département d'Etat, n'était pas de déterminer si les exactions commises à l'encontre de la minorité rohingya relève ou non du génocide, mais d'établir des faits pour que leurs auteurs en répondent devant la justice. C'est au secrétaire d'Etat Mike Pompeo de décider si cette qualification "juridique" est justifiée ou non, ajoute-t-on.

Les Etats-Unis ont jusqu'ici parlé de "nettoyage ethnique". Le terme de génocide pourrait impliquer des mesures de rétorsions plus fermes, ce qui a pesé sur les débats au sein de l'administration américaine.

La Cour pénale internationale (CPI) a entamé la semaine dernière l'examen préliminaires des allégations de déportation pour déterminer si des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité ont été commis.

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