Le Conseil des muftis réuni hier à Dar el-Fatwa. Photo ANI
L’affaire des propos, jugés diffamatoires, tenus par le journaliste pro-Hezbollah Salem Zahrane sur l’antenne d’al-Manar contre l’émir du Koweït, continue de faire des vagues. Hier, c’est le Conseil des muftis du Liban qui a affirmé « son refus catégorique de l’utilisation de certaines tribunes médiatiques de la part de personnes qui tiennent à porter atteinte à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Koweït, afin de servir des projets et des axes politiques dont l’objectif est de nuire aux relations du Liban avec ses frères arabes ».
Le Conseil des muftis tenait sa réunion hebdomadaire sous la présidence du mufti de la République Abdellatif Deriane, à Dar el-Fatwa. Selon le communiqué final, « toute atteinte à certains pays arabes, surtout ceux du Conseil de coopération du Golfe, est inacceptable ». Le conseil a appelé les présidents de la République, Michel Aoun, et du Conseil des ministres, Saad Hariri, à prendre les mesures légales nécessaires pour mettre un terme aux abus.
Sur le même sujet, l’ambassadeur du Koweït au Liban, Abdel Aal Kinaï, a salué hier « les prises de position officielles et populaires libanaises qui ont dénoncé les atteintes portées au Koweït et à son émir ». Il a estimé que cela « réaffirme la profondeur des relations et des liens fraternels entre les deux pays et les deux peuples ». Il a précisément remercié pour leur soutien les présidents de la République, du Parlement et du Conseil des ministres, ainsi que les différentes forces politiques, les médias et autres acteurs sociaux.
L’ambassadeur du Maroc chez Hariri
Sur un autre plan, le Premier ministre désigné Saad Hariri a reçu hier en son domicile l’ambassadeur du Maroc, Mohammad Grine. Bien que le diplomate n’ait fait aucune déclaration à l’issue de l’entretien, il est impossible de ne pas lier cette visite à l’interview-fleuve accordée récemment par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, au média américain ultraconservateur Breitbart News, publiée le 16 septembre (voir L’OLJ du 19 septembre). Dans cette interview, le ministre accuse une nouvelle fois l’Iran et le Hezbollah d’armer le mouvement séparatiste Polisario au Sahara occidental, et indique que le siège de l’ambassade marocaine à Beyrouth a dû être transféré vers un « quartier sunnite », mesure qui visait spécifiquement à sortir la représentation diplomatique de la banlieue sud, dominée par le Hezbollah, selon lui. Les relations entre le Maroc et l’Iran sont rompues depuis mai 2018.


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