Moyen Orient et Monde

Le patriarcat de Moscou rompt en partie ses liens avec Constantinople

Religion
OLJ
15/09/2018

L’Église orthodoxe russe a annoncé hier avoir rompu une partie de ses liens avec le patriarcat de Constantinople auquel elle reproche de vouloir reconnaître une Église orthodoxe ukrainienne indépendante de Moscou. « Pratiquement chaque fois que l’Église orthodoxe russe se trouve dans une situation difficile, nous recevons des coups dans le dos de la part du patriarcat de Constantinople », a lancé hier le chef de la diplomatie du patriarcat de Moscou, le métropolite Hilarion, au cours d’une conférence de presse.

Il existe en Ukraine une église rattachée à Moscou et une autre fidèle au patriarcat de Kiev, autoproclamé après l’indépendance de ce pays en 1992 et qui n’est reconnu jusqu’à présent par aucune église orthodoxe dans le monde. Le patriarche de Constantinople, Bartholomée, n’a pas annoncé officiellement sa décision de reconnaître une église autocéphale en Ukraine, mais cette perspective qui permettrait à l’Ukraine de s’affranchir de la tutelle religieuse de la Russie sur une partie des fidèles est intolérable pour le patriarcat de Moscou. Constantinople a envoyé en septembre deux émissaires à Kiev, ce qui a déclenché la colère du patriarcat russe.

« Le patriarcat de Constantinople s’est introduit sur le territoire canonique du patriarcat de Moscou en envoyant ses exarques à Kiev », a dénoncé le métropolite Hilarion. Le métropolite s’exprimait après l’annonce de deux décisions fortes du saint-synode, l’institution collégiale au sommet de la hiérarchie orthodoxe russe.

Le saint-synode a annoncé dans un communiqué que le patriarcat de Moscou ne participerait plus aux assemblées épiscopales, aux commissions et structures présidées par des représentants du patriarcat de Constantinople. Par ailleurs, dans leur liturgie, les églises sous le contrôle de Moscou ne prieront plus pour le patriarche de Constantinople. Selon Mgr Hilarion, ces décisions s’apparentent à une « rupture des relations diplomatiques » entre les deux patriarcats.

Le patriarcat de Moscou a menacé de complètement rompre avec Constantinople si ces « activités anticanoniques » se poursuivaient.

« La responsabilité entière des conséquences tragiques de ce schisme reposerait sur Bartholomée Ier et les évêques qui le soutiennent », est-il écrit dans le communiqué. Le patriarche russe Kirill, considéré comme un allié du président Vladimir Poutine, s’oppose fermement à la volonté d’indépendance du patriarcat de Kiev, non reconnu, mais soutenu par les autorités ukrainiennes pro-européennes. Depuis le début du conflit ukrainien en 2014, les deux principales autorités orthodoxes de l’Ukraine – le patriarcat de Kiev et celui de Moscou – sont prises en tenailles dans une lutte d’influence géopolitique.

Source : AFP

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