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Corruption : il faut licencier la moitié des fonctionnaires, estime un juge

Liban
OLJ
12/09/2018

Le président du Conseil supérieur de discipline, le juge Marwan Abboud, a déploré mardi la corruption qui fait rage au sein des institutions publiques libanaises, préconisant, pour en venir à bout, de limoger la moitié des fonctionnaires.

Le Conseil supérieur de discipline est compétent pour statuer sur des dossiers de fautes et manquements graves des fonctionnaires, qui sont déférés auprès de cette instance par l'Inspection centrale. Ses décisions ne sont pas susceptibles de recours.

"Le Conseil ne peut pas agir tant que le Bureau de l'Inspection centrale n'a pas enquêté et porté plainte contre les employés corrompus, ce qui n'arrive que rarement", a regretté le juge Abboud lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision Al-Manar. "Si l'Inspection centrale ne fait pas son travail, mon propre travail devient impossible", a-t-il insisté. Il a affirmé que "bien que les citoyens interagissent quotidiennement avec des fonctionnaires corrompus, l'Inspection centrale semble incapable de les identifier". Dans ce contexte, il préconise de "directement renvoyer chez lui tout employé pour lequel il n'y a plus d'espoir et de le remplacer", mentionnant que "des centaines de milliers de jeunes Libanais sont actuellement au chômage". "L'Etat emploie 100.000 fonctionnaires, 50.000 d'entre eux devraient rentrer chez eux", a-t-il déclaré. 

Le juge Marwan Abboud a encore évoqué plusieurs raisons qui, selon lui, freinent les rapports concernant la corruption, tels que le fait qu'une preuve sous forme électronique, comme une photo, ne soit pas considérée comme officielle, et que les personnes rapportant des faits de corruption risquent d'être elles-mêmes jugées comme complices. Pour Marwan Abboud, "les outils dont disposent le Liban pour combattre la corruption datent de l'Empire ottoman, et apparemment, les actes de corruption sont eux, beaucoup plus évolués qu'alors". 

Dans le dernier rapport annuel de l’ONG Transparency International (TI) basée à Berlin, publié en février dernier, le Liban occupe le 143e rang sur 180 pays du monde au classement 2017 de l’indice de perception de la corruption. Dans son rapport, TI estime que le pays du Cèdre a réalisé des progrès "modestes".


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