Le président Michel Aoun avec une délégation de la Confédération général du Travail libanais, le 10 août 2018 au palais présidentiel de Baabda. Photo Ani
Le président libanais Michel Aoun a annoncé vendredi qu'un plan de lutte contre la corruption, l'une des priorités affichées du chef de l'Etat, avait été élaboré et qu'il n'attendait que la formation du gouvernement pour être mis en œuvre.
"Ce plan, qui comprend des réformes radicales, sera l'une des priorités de l'action du prochain cabinet. Il mettra ceux qui affirment soutenir la lutte contre la corruption devant leurs responsabilités. Certains disent être en faveur de ce chantier mais au moment d'agir, c'est l'inverse qui se passe et quelques fois, ils entravent l'action réformatrice", a déclaré le chef de l'Etat devant une délégation de la Confédération générale des Travailleurs libanais présidée par son secrétaire général Béchara Asmar, reçue au palais de Baabda. "Nous ne reviendrons pas en arrière, et nous mènerons cette lutte de manière pacifique et conformément aux lois", a-t-il ajouté. "Plusieurs projets ont été gelés ou entravés par ceux qui profitent du statu quo, notamment sur le dossier de l'électricité", a souligné M. Aoun.
Dans le dernier rapport annuel de l’ONG Transparency International (TI) basée à Berlin, publié en février dernier, le Liban occupe le 143e rang sur 180 pays du monde au classement 2017 de l’indice de perception de la corruption.Malgré ces baisses successives, TI estime dans son rapport que le pays du Cèdre a réalisé des progrès "modestes".
Pour sa part, M. Asmar a remis au chef de l'Etat une liste de 16 revendications de la CGTL, notamment une majoration des salaires dans le secteur privé, et insisté sur la nécessité de former au plus vite le nouveau gouvernement pour faire face à la crise économique.
Toutes les moutures proposées jusqu'à présent par Saad Hariri, désigné le 24 mai dernier, ont été rejetées par les différentes forces politiques. Le principal obstacle demeure les revendications des partis chrétiens et druzes, alors que certains observateurs et responsables politiques attribuent les causes du blocage gouvernemental à la situation régionale. Plus tôt dans la journée, Michel Aoun avait assuré que l'avenir du Liban s'annonçait prospère, appelant les expatriés libanais à revenir dans leur pays. "Votre pays vous attend. Alors soyez sûrs que son avenir et le vôtre en son sein sera prospère", a déclaré le chef de l'Etat qui recevait au palais présidentiel de Baabda une délégation de Libanais résidant en France et en Europe. La diaspora libanaise compte plusieurs millions de personnes dans le monde.

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