L'ancien chef légendaire du syndicat Solidarité Lech Walesa a déclaré "pardonner et demander pardon" à son ennemi juré, le chef du parti conservateur au pouvoir Jaroslaw Kaczynski, dans un message qu'il lui a adressé sur sa page Facebook.
"Frère Kaczynski, bientôt toi et moi, ainsi que notre génération, entrerons dans l'éternité", écrit l'ancien président polonais, 74 ans, à M. Kaczynski qui vient, lui, de fêter son 69e anniversaire, et qui a passé plusieurs semaines à l'hôpital au printemps.
Interrogé par l'AFP jeudi matin sur les raisons de sa démarche, Walesa a nié qu'elle soit liée à l'état de santé de l'un ou de l'autre, l'expliquant par l'impératif chrétien de réconciliation. Sa formule reprend d'ailleurs une phrase célèbre d'une lettre de l'épiscopat polonais aux évêques allemands en 1965.
"J'aimerais laisser les choses en ordre derrière moi, écrit Walesa. J'aimerais partir réconcilié avec mes ennemis. J'ai même réussi à me réconcilier avec (l'ancien numéro un communiste) le général Jaruzelski. Je n'ai pas eu le temps de le faire avec (le ministre communiste de l'Intérieur Czeslaw) Kiszczak".
Le général Wojciech Jaruzelski est mort en mai 2014, le général Kiszczak en novembre 2015.
"Si j'ai fait quelque chose contre toi, je te demande pardon, et moi, je suis en mesure de te pardonner à toi et à ton frère Lech, de sainte mémoire (le président Lech Kaczynski est mort dans la catastrophe aérienne de Smolensk en 2010), pardonner tout et même votre plus grande ignominie à mon égard (...), la provocation appelée +dossier de Kiszczak+", ajoute encore Lech Walesa.
Il fait allusion aux documents retrouvés chez la veuve du général Kiszczak, qui tendraient à prouver une collaboration de Walesa avec les services secrets communistes SB dans les années 70, sous le nom de code "Bolek". Walesa a toujours démenti avoir collaboré avec la SB.
Aucune réaction au message de Walesa n'est venue jeudi de la part de Jaroslaw Kaczynski. La porte-parole de son parti Droit et Justice (PiS), Beata Mazurek, s'est contentée d'affirmer sur Twitter qu'"on ne peut plus prendre Walesa au sérieux", en se refusant à tout autre commentaire.


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