Lors de la conférence de presse pour le lancement de l’exposition d’art contemporain « Cycles of Collapsing Progress ».
Sous le patronage du ministère libanais de la Culture et du bureau de l’Unesco à Beyrouth, Beyrouth Musée d’art (BeMA) et la plate-forme curatoriale Studiocur/Art ont annoncé, lors d’une conférence de presse, le lancement de l’exposition d’art contemporain « Cycles of Collapsing Progress » (Cycles de progrès et d’effondrement). L’événement, qui s’est tenu à l’Université Saint-Joseph, campus de l’innovation et du sport, a eu lieu en présence de l’ambassadeur du Mexique, José Ignacio Madrazo, de Lynn Tehini, représentant le ministre de la Culture, ainsi que de représentants des médias, d’artistes et d’acteurs sociaux.
« Cycles of Collapsing Progress », dont le vernissage est prévu le 22 septembre prochain, est la seconde collaboration artistique conjointe entre les associations à but non lucratif BeMA et Studiocur/Art, ainsi que la première exposition d’art contemporain d’une durée d’un mois organisée par les deux associations. L’exposition se tiendra à la Foire internationale Rachid Karamé conçue par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, ainsi qu’à la citadelle historique de Tripoli. Sa thématique s’inspire de l’importance du temps cyclique ainsi que des cycles d’effondrement illustrés par l’état actuel de ces deux lieux.
Partiellement construites en 1974 et restées inachevées en raison de la guerre civile libanaise, les 14 structures délabrées en béton brut de la Foire internationale Rachid Karamé, l’un des legs les plus importants de l’architecture moderne au Moyen-Orient, seront mises en dialogue avec la citadelle de Tripoli, un monument où se révèlent les couches de l’histoire. Entre Moyen Âge et modernisme, l’exposition suscite une réflexion sur le temps cyclique et les cycles d’effondrement.
Organisée par Karina Helou, fondatrice de la plateforme curatoriale à but non lucratif Studiocur/Art, « Cycles of Collapsing Progress » présentera 18 projets comprenant 8 œuvres commissionnées et 10 œuvres produites par des artistes du Liban et du Mexique.
Cette exposition d’un mois (du 22 septembre au 23 octobre) est l’aboutissement de 18 mois de travail basé sur un dialogue culturel entre le Liban et le Mexique, avec des résidences d’artistes dans les deux pays qui ont permis l’échange de perspectives géographiques sur le thème.
Les artistes exclusivement libanais et mexicains participant à l’exposition sont : Edgardo Aragon, Ali Cherri, José Davila, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Lamia Joreige, Fritzia Irizar, Jorge Mendez Blake, Damian Ortega, Marwan Rechmaoui, Gabriel Rico, Stéphanie Saadé, Roy Samaha, Jalal Toufic, Zad Moultaka, Rayyane Tabet, Haig Aivazian, Emmanuel Tovar et Pablo Davila. « Onze nouvelles œuvres ont été commissionnées comme installations in situ spécialement pour Tripoli », a précisé Karina Helou. Ce projet, a affirmé de son côté Sandra Abou Nader, membre fondateur de BeMA, « vise non seulement à réactiver une expérience architecturale qui a longtemps été un symbole utopique d’un nouveau Liban, mais aussi à réaffirmer la dimension sociale de l’art et son rôle vital en tant qu’espace de rencontre entre les individus, les communautés et les cultures, transformant les idées en réalités qui engagent la société ».
« Ce grand projet rend à Tripoli son identité artistique et culturelle. Nous sommes certains que cet événement sera l’occasion d’une rencontre entre le Liban et le Mexique, et entre Tripoli et le reste du monde », a lancé, pour sa part, le directeur international de la Fondation Mikati, Ziad Mikati. « Nous nous sommes trop longtemps concentrés sur la capitale et avons négligé ses alentours. Cet événement nous permettra de nous rapprocher des Mexicains et des Libanais qui vivent dans cette belle ville qu’est Tripoli », a souligné, ensuite, l’ambassadeur du Mexique, José Ignacio Madrazo.
Pour sa part, la représentante du ministre de la Culture, Mme Lynn Tehini, s’est attardée sur le caractère extrêmement riche et historique d’une telle initiative : « C’est ce qui pousse notre ministère à encourager de telles actions qui visent à un retour dans le passé sur un site extraordinaire. » Et de préciser que le ministère de la culture œuvre de pied ferme pour ajouter ce site sur la liste des monuments appartenant au patrimoine national.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine