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Moyen Orient et Monde

Des jihadistes affiliés à l’EI acculés dans leur dernier carré de Deraa

Syrie

L’ONU annonce une réunion en septembre, à Genève, sur la réforme constitutionnelle.

OLJ
01/08/2018

De violents combats opposaient hier les forces du régime syrien à des jihadistes, affiliés au groupe État islamique, retranchés dans leur dernier carré de la province méridionale de Deraa, selon les médias syriens et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Le régime, appuyé par son allié russe, poursuit depuis la mi-juin une offensive dans les provinces voisines de Deraa et Quneitra, dans le sud du pays. Dans la région de Quneitra, le pouvoir de Bachar el-Assad contrôle désormais tous les secteurs jouxtant la ligne de démarcation sur le plateau du Golan, en majeure partie occupé par Israël, a annoncé l’OSDH. Mais près de cent jihadistes du groupe Armée Khaled ben al-Walid, faction ayant prêté allégeance à l’EI, sont toujours encerclés dans une poche du sud-ouest de Deraa, d’après l’OSDH. Ce secteur a été la cible de raids aériens du régime et de son allié russe, a rapporté l’Observatoire. « Des unités de l’armée mènent de violents combats dans les dernières poches du groupe terroriste EI », dans un village de ce secteur, a précisé la télévision d’État syrienne.
Ces violences interviennent après l’échec de négociations dévoilées plus tôt par l’OSDH. Les jihadistes réclamaient d’être évacués vers leur fief dans le désert central de la Badiya, en échange de la libération d’une trentaine de femmes et d’enfants enlevés la semaine dernière dans la province méridionale de Soueida. Kidnappés à la faveur d’attaques coordonnées de l’EI, qui ont fait plus de 250 morts dans la région de Soueida, les otages ont été emmenés dans une région désertique de la Badiya, aux limites nord-est de la province de Soueida, d’après l’OSDH. Ce n’est pas la première fois que le régime et l’EI négocient une sortie de crise. En mai, le pouvoir syrien avait accepté l’évacuation de plus d’un millier de jihadistes du sud de Damas.
Les forces gouvernementales ont pu reconquérir la quasi-totalité des provinces de Deraa et Quneitra après des bombardements meurtriers et des accords de capitulation imposés aux rebelles. Ces accords prévoient le retour des institutions étatiques, mais aussi l’évacuation vers d’autres territoires rebelles des insurgés qui refusent de vivre dans les secteurs gouvernementaux. De telles évacuations ont eu lieu hier dans la localité de Jubata al-Khachab, près de la ligne de démarcation sur le Golan et désormais sous la coupe du régime, selon l’agence de presse syrienne étatique SANA. Avec la conquête de ce village, le régime contrôle tous les secteurs attenants à la ligne de démarcation, a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

« Consultations informelles » à Sotchi
Par ailleurs, sur le plan des négociations diplomatiques, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a l’intention d’organiser début septembre à Genève une réunion avec la Russie, l’Iran et la Turquie sur la formation d’un comité constitutionnel chargé de doter la Syrie d’une nouvelle Constitution, a annoncé hier l’ONU. Un communiqué a indiqué que M. de Mistura avait eu hier « des consultations informelles » à Sotchi, en Russie, avec des représentants iraniens, turcs et russes, consacrées à la création de ce comité qui sera composé de représentants du gouvernement de Damas et de l’opposition syrienne. « L’envoyé spécial a hâte d’organiser au tout début de septembre à Genève des consultations informelles avec la République islamique d’Iran, la Fédération de Russie et la République de Turquie, afin de finaliser le comité constitutionnel », ajoute le communiqué.
En juin, M. de Mistura avait déjà organisé une réunion identique au Palais des Nations, siège de l’ONU à Genève. Mais il n’avait à l’époque reçu qu’une liste de 50 noms du gouvernement. L’opposition ne lui a transmis sa liste de 50 candidats qu’en juillet. La création d’un comité constitutionnel avait été décidée lors d’un sommet sur la Syrie organisé en janvier à Sotchi, sur les bords de la mer Noire. Pour l’émissaire de l’ONU, ce comité est « un élément-clé » vers une résolution du conflit syrien. De nombreuses initiatives ont été prises pour mettre un terme à la guerre, mais elles ont toutes échoué jusqu’à présent. Depuis 2016, Staffan de Mistura a mené pour sa part neuf cycles de négociations indirectes entre régime et groupes de l’opposition à Genève et Vienne, sans jamais parvenir à des résultats.
Source : AFP

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