Paix au Proche-Orient

Washington accuse les pays arabes d’inaction

« Le moment est venu pour les pays de la région de réellement aider le peuple palestinien au lieu de faire des discours à des milliers de kilomètres », a asséné l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley. Eduardo Munoz/Reuters/File Photo

Les États-Unis ont vivement critiqué mardi l’inaction politique et financière des pays arabes pour contribuer à résoudre le conflit israélo-palestinien et imposer la paix au Proche-Orient, s’attirant les foudres des Palestiniens.
« Le moment est venu pour les pays de la région de réellement aider le peuple palestinien au lieu de faire des discours à des milliers de kilomètres », a asséné l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient. Dans la salle, inscrits sur la liste des orateurs, ses homologues palestinien, israélien, les représentants des 14 autres membres du Conseil de sécurité et de nombreux autres États : Iran, Syrie, Arabie saoudite, Venezuela, Cuba, Liban...
Entre Palestiniens et Américains, qui promettent depuis des mois un plan de paix pour régler le conflit israélo-palestinien, le dialogue est rompu depuis la décision de Donald Trump fin 2017 de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël. « Où sont les pays arabes lorsqu’il faut encourager la réconciliation entre les factions palestiniennes, essentielle pour la paix? Où sont les pays arabes quand il faut dénoncer le terrorisme du Hamas ? Où sont les pays arabes pour soutenir des compromis pour la paix ? » a lancé Nikki Haley. Outre sa contribution à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Washington a donné l’an dernier 300 millions de dollars en aide directe, a-t-elle dit. Soit, depuis 1993, « plus de 6 milliards de dollars en aide bilatérale aux Palestiniens ».
« Combien les pays arabes – dont certains sont riches – ont-ils donné aux Palestiniens ? Sûrement pas autant que les États-Unis, a-t-elle ironisé. Nous continuons à chercher des moyens d’aider le peuple palestinien dont la situation est vraiment préoccupante pour nous. Mais nous ne sommes pas des imbéciles. Si nous tendons la main dans l’amitié et la générosité, nous ne nous attendons pas à ce qu’elle soit mordue. » Et « nous espérons que d’autres tendent aussi leurs mains ». La charge américaine contre les pays arabes a été dénoncée lors d’une conférence de presse par l’ambassadeur palestinien, Riyad Mansour, avant même la fin de la réunion du Conseil.

Plan invisible
« Je n’ai pas de relations avec l’ambassadrice Nikki Haley à cause de son comportement, elle ne manque jamais une occasion d’être négative à l’égard du peuple palestinien en prétextant défendre Israël. En fait, elle est devenue plus israélienne que les Israéliens eux-mêmes », s’est insurgé le diplomate. Aujourd’hui, « elle a insulté de proches alliés des États-Unis, comme les pays arabes de la région du Golfe, dont l’Arabie saoudite », en tentant de montrer que « les États-Unis sont les seuls contributeurs à l’Unrwa et à l’effort national palestinien », a-t-il ajouté.
L’Arabie saoudite « a versé ces deux dernières décennies 6 milliards de dollars aux Palestiniens en assistance humanitaire, aide au développement et secours », a rétorqué lors de son discours l’ambassadeur saoudien, Abdallah al-Mouallimi. Pour l’Unrwa, c’était « un milliard de dollars ». « L’an dernier, la contribution à l’Unrwa de l’Iran, de l’Algérie, de la Tunisie a été de zéro », a aussi reproché Nikki Haley, sans évoquer la réduction considérable cette année de la contribution financière américaine à cette agence, provoquant un déficit de plus de 200 millions dans son budget.
À ce sujet, l’ambassadeur français François Delattre a appelé les États-Unis à « assumer leurs responsabilités et maintenir leurs engagements ». Président du Conseil de sécurité des Nations unies en juillet, l’ambassadeur suédois Olof Skoog a laissé transparaître son exaspération face à la politique américaine au Proche-Orient. « Cela fait maintenant plus d’un an qu’on nous parle d’un plan et nous ne l’avons pas encore vu », a-t-il souligné devant des journalistes. Les Américains « continuent de dire qu’ils sont proches de finaliser » leur plan de paix. Mais « nous n’allons pas négocier quelque chose qui est mort-né avant même qu’on l’ait reçu », a indiqué Riyad Mansour, en rappelant que les Palestiniens ne considéraient plus les États-Unis comme un médiateur sérieux. « La seule solution est un dialogue direct entre les deux parties », a souligné l’ambassadeur russe adjoint Dimitri Polyanski. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov vient de leur proposer un sommet en Russie, a-t-il ajouté, précisant que seuls les Palestiniens avaient accepté jusqu’à présent.
Philippe RATER/AFP


Les États-Unis ont vivement critiqué mardi l’inaction politique et financière des pays arabes pour contribuer à résoudre le conflit israélo-palestinien et imposer la paix au Proche-Orient, s’attirant les foudres des Palestiniens.
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