Le président russe Vladimir Poutine (gauche) et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Photo d'archive AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué mercredi qu'il s'entretiendrait avec son homologue russe Vladimir Poutine de l'offensive que mène le régime de Damas dans la province de Deraa, dans le sud de la Syrie, avec l'appui de Moscou.
Les dirigeants turc et russe doivent se rencontrer jeudi en marge d'un sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui se tient à Johannesburg de mercredi à vendredi. Lors de cette rencontre, MM. Erdogan et Poutine vont s'entretenir de la Syrie et notamment de "la question de Deraa, c'est l'un des sujets les plus épineux", a indiqué le président turc lors d'une conférence de presse à Ankara avant de prendre l'avion pour l'Afrique du Sud.
M. Erdogan a indiqué qu'il mettrait également sur la table la question d'Idleb, province du nord-ouest de la Syrie dominée par une coalition jihadiste et frontalière de la Turquie qui craint qu'un éventuel assaut du régime contre cette région ne provoque une nouvelle vague migratoire.
A Deraa et à Idleb, "n'importe quoi peut arriver à n'importe quel moment", a déclaré M. Erdogan.
Depuis le début de la crise syrienne, en 2011, la Turquie soutient les rebelles qui cherchent à renverser le président Bachar el-Assad, que la Russie et l'Iran appuient militairement.
En dépit de leurs positions opposées, Ankara et Moscou coopèrent étroitement sur le dossier syrien depuis l'an dernier. La Russie et la Turquie sont les parrains, avec l'Iran qui soutient comme Moscou le régime de Damas, du processus dit d'Astana qui a permis de réduire l'intensité des violences sur le terrain en Syrie via la mise en place de "zones de désescalade" l'an dernier. Le gouvernement turc a toutefois vivement critiqué le lancement, le mois dernier, d'une offensive dans la province de Deraa par le régime syrien, avec l'appui de l'aviation russe.
La Turquie a été frappée de plein fouet par la crise syrienne, avec notamment l'afflux sur son territoire de plus de trois millions de déplacés fuyant la guerre.
Plus de 350.000 personnes ont été tuées depuis 2011 dans ce conflit qui s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire morcelé.


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