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Moyen Orient et Monde

Des centaines de Casques blancs restent bloqués dans le Sud syrien

Conflit
OLJ
24/07/2018

Plusieurs centaines de Casques blancs sont toujours bloqués dans le Sud syrien au lendemain d’évacuations orchestrées par Israël, ont indiqué hier à l’AFP deux de ces secouristes, qui s’inquiètent du sort que le régime pourrait leur réserver.
 « Nous appelons les parties concernées à nous aider à sortir » du Sud syrien, a confié par téléphone à l’AFP César, 23 ans, volontaire de l’équipe de presse des Casques blancs dans la ville de Deraa.
Israël avait annoncé dimanche l’évacuation vers la Jordanie de centaines de Casques blancs et de membres de leurs familles, lors d’une opération exécutée dans le plus grand secret à la demande de pays occidentaux prêts à accueillir ces secouristes, devenus mondialement célèbres pour leurs opérations dans les zones rebelles.
Au total, 422 personnes évacuées dans la nuit de samedi à dimanche étaient arrivées en Jordanie, selon Amman.
À terme, elles doivent être accueillies en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Canada ou encore en France, qui a assuré lundi qu’elle « prendrait sa part » dans l’accueil de ces hommes dont le travail leur avait valu d’être considérés pour le prix Nobel de la paix en 2016.
L’évacuation, « c’était le seul choix pour nos volontaires (...) qui, sinon, auraient risqué la détention ou la mort entre les mains du régime syrien et de son allié russe », ont indiqué hier dans un communiqué les Casques blancs.

Appel à l’aide
Au total, 98 bénévoles des Casques blancs ont pu partir pour la Jordanie avec 324 membres de leurs familles, a précisé le groupe. Selon son chef Raed Saleh, tous les bénévoles n’ont pu être évacués parce que certains n’étaient pas inscrits sur les listes, alors que « d’autres n’ont pas été en mesure d’atteindre le point d’évacuation ». Il a précisé qu’une autre opération du même genre n’était pas prévue.
Le groupe a ainsi appelé à l’aide la communauté internationale pour les bénévoles encore bloqués dans le Sud syrien. « Nous remercions tous les gouvernements qui ont contribué au succès de cette opération de secours et nous leur demandons de faire davantage pour aider » ceux restant dans le sud de la Syrie, a-t-il indiqué. Selon César, près de 400 autres sont toujours pris au piège dans les provinces méridionales de Deraa et de Quneitra. Dans ces secteurs proches de la partie du plateau du Golan occupée par Israël, le régime de Damas a repris la quasi-totalité des territoires rebelles au terme d’offensives meurtrières et d’accords de capitulation.
César a expliqué à l’AFP avoir appris « par hasard », il y a quelques jours, l’existence d’un plan d’évacuation des Casques blancs mais quand il a essayé de s’inscrire, les responsables lui ont expliqué qu’il n’y avait plus de place.
 « La sortie via Israël n’a fait qu’empirer la situation », a-t-il ajouté. « On craint maintenant la réaction du régime et de la Russie », alliée de Damas.
Le régime de Bachar el-Assad, qui accuse régulièrement les Casques blancs d’être liés à des groupes jihadistes, a en effet fustigé hier les évacuations menées par Israël comme une « opération criminelle ». Dans un communiqué, la diplomatie russe les a aussi dénoncées.
« Il est symbolique que les Casques blancs ont préféré, grâce à un soutien étranger, fuir la Syrie en révélant ainsi leur vraie nature et montrant au monde entier leur hypocrisie (...), de quels financements ils dépendent et de qui ils exécutent les ordres », indique ce texte.

« Aucune clémence »
Interrogé par l’AFP par téléphone, Emad, un autre secouriste bloqué dans le Sud, a assuré : « On ne sait pas ce qui nous attend. »
« Quand le régime attrape quelqu’un, il est perdu, on ne sait pas où il va. Il n’y a aucune clémence », a expliqué ce jeune volontaire de 20 ans basé à Jubata al-Khachab, une localité rebelle de Quneitra qui attend encore de passer sous la coupe du régime.
Emad a fait état de la tenue d’une réunion lundi à Amman sur le sort des Casques blancs. Selon lui, il en est ressorti que la seule option possible était, pour les secouristes encore dans le Sud, d’aller dans le nord de la Syrie, en zone rebelle.
Les accords dits de « réconciliation » négociés par Moscou prévoient généralement le départ vers les territoires insurgés du Nord syrien des combattants et des civils qui refuseraient de vivre en territoire gouvernemental.
« Mais, a affirmé Emad, il n’y a pas de route pour nous permettre d’arriver jusqu’aux bus qui, ensuite, nous conduiraient dans le Nord ». Le conflit qui déchire la Syrie depuis 2011 a fait plus de 350 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.
Source : AFP

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