Vladimir Poutine s’exprimant devant les ambassadeurs de Russie réunis à Moscou. Sergei Karpukhin/Pool/AFP
Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé hier les « forces » aux États-Unis « prêtes à sacrifier les relations russo-américaines », après le sommet d’Helsinki avec son homologue américain Donald Trump. En outre, hier aussi, M. Trump s’est dit impatient de revoir M. Poutine. « Le sommet avec la Russie a été un grand succès, sauf pour le vrai ennemi du peuple, les médias ‘‘Fake News’’. Nous nous sommes très bien entendus, ce qui a vraiment dérangé beaucoup de personnes remplies de haine qui voulaient voir un match de boxe. J’attends avec impatience notre seconde rencontre pour que nous puissions commencer à mettre en place certaines des choses dont nous avons parlé », a-t-il ainsi tweeté.
« Nous voyons qu’il y a des forces aux États-Unis qui sont prêtes à facilement sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions », a accusé M. Poutine, dans un discours devant les ambassadeurs de Russie réunis à Moscou. Ces forces « sont prêtes à sacrifier les intérêts de leurs alliés et même les garanties de leur propre sécurité », a affirmé le maître du Kremlin, rappelant notamment dans ce contexte que le traité de réduction du nombre des armes nucléaires entre la Russie et les États-Unis, le New Start, devait expirer en 2021. « Si on ne commence pas dès aujourd’hui, dès maintenant, le travail visant à prolonger ce traité, dans un an et demi, il va tout simplement expirer, il n’existera plus », a souligné M. Poutine. « Nous voyons aux États-Unis des forces pour lesquelles les intérêts de leur parti sont plus importants que les intérêts nationaux », a-t-il encore dénoncé. « La Russie reste néanmoins ouverte à un renforcement des contacts avec les États-Unis, sur la base de l’égalité et d’avantages mutuels », a-t-il assuré. « Nous avons besoin d’un nouvel ordre du jour positif visant à aboutir à un travail commun, à trouver des points de contact. Nous en avons parlé bien évidemment au cours de la rencontre avec le président américain Donald Trump », a-t-il ajouté. « Non seulement nos deux peuples en ont besoin, mais aussi le monde entier. Nous avons une responsabilité particulière pour la stabilité stratégique et la sécurité en tant que les deux plus grandes puissances nucléaires », a enfin estimé M. Poutine.
La surprenante conférence de presse des deux dirigeants, lundi, au cours de laquelle ils ont affiché une rare unité, notamment sur les accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine, rejetées par Moscou, a suscité un tollé aux États-Unis, y compris dans le camp politique de M. Trump. Face à ce scandale, le locataire de la Maison-Blanche a dû vanter mercredi sa « fermeté » face à la Russie, après avoir déjà assuré que sa langue avait fourché dans la capitale finlandaise lorsqu’il avait semblé prendre le parti de l’homme fort du Kremlin.
Dans ce contexte, le président Trump ne permettra pas que des responsables américains soient interrogés par la justice russe, a annoncé hier la porte-parole de la Maison-Blanche. « C’est une proposition qui a été faite en toute sincérité par le président Poutine mais le président Trump n’est pas d’accord », a expliqué Sarah Sanders. Lors de sa conférence de presse lundi à Helsinki, Vladimir Poutine a proposé de permettre à Washington d’interroger, en Russie, les 12 agents du renseignement russes inculpés aux États-Unis pour ingérence dans la présidentielle américaine de 2016. Mais à la « condition » d’une « réciprocité » : Moscou demandait en retour un interrogatoire de responsables américains soupçonnés par la Russie « d’activités illégales », notamment dans l’affaire qui implique l’investisseur britannique critique du Kremlin William Browder, condamné par contumace par la justice russe pour évasion fiscale. Le président américain avait alors évoqué une « idée intéressante » et une « proposition incroyable ».
Son tête-à-tête d’environ deux heures avec M. Poutine, en l’absence de leurs conseillers, fait désormais l’objet d’intenses conjectures. Certains élus ont même demandé que l’interprète de M. Trump soit interrogée par le Congrès.
Source : AFP

