Des camions acheminant des ordures empaquetées vers la décharge de Costa Brava, située à proximité de l’aéroport international de Beyrouth. Photo d’archives/ANI
La juge des référés de Aley, Roula Chamoun, a décrété hier le gel des travaux du projet d’agrandissement de la décharge gouvernementale de Costa Brava, et ce jusqu’à la publication du rapport d’experts (demandé par la justice dans un délai d’un mois) ou jusqu’à publication d’une décision judiciaire contraire. L’information a été communiquée hier par le rassemblement « Moutahidoun », qui compte plusieurs avocats et professeurs ayant porté plainte auprès de la juge pour un arrêt de l’agrandissement de la décharge.
La décharge de Costa Brava (Choueifate, sud de Beyrouth) est l’un des deux sites « contrôlés » mis en place par le gouvernement sur la côte, mais gérés par des compagnies privées. Les deux décharges de Costa Brava et de Bourj Hammoud-Jdeidé (nord de Beyrouth), qui devaient desservir quatre ans la région du Mont-Liban et de Beyrouth, ont été saturées de façon précoce en raison de l’insuffisance des structures de tri et de recyclage : la décision d’agrandir Costa Brava a été prise en janvier de cette année, et les travaux sont en cours. Les deux décharges, dont les cellules sont construites en pleine mer, sont controversées depuis leur création.
L’avocat Rami Alleik, membre de Moutahidoun, rappelle que la plainte, se fondant sur une pétition, a été présentée plus tôt cette année à la juge des référés, qui avait demandé aux ministères de l’Environnement et de la Santé, ainsi qu’au Conseil du développement et de la reconstruction, d’apporter leur réponse. Tous l’ont fait, à l’exception du ministère de la Santé, selon lui. « Cependant, dans sa réponse, le ministère de l’Environnement a tiré en direction du gouvernement dont il fait partie puisqu’il met en avant son propre rapport sur les lacunes dans le travail de la décharge : manque d’installations pour évacuer les gaz ou les liquides dégagés par les déchets, enfouissement de déchets qui ne sont pas inertes (comme les ordures organiques par exemple), ce qui est contraire au contrat initial », précise-t-il à L’Orient-Le Jour.
Cette réponse du ministère de l’Environnement, ajoutée à l’argumentation scientifique présentée par les plaignants, a abouti à la décision prise par la juge hier. Mais que se passera-t-il en pratique ? « Nous avons été notifiés de cette décision cet après-midi (hier) et nous allons nous assurer que les autres parties en seront notifiées demain (aujourd’hui), précise Rami Alleik. Nous serons présents sur le terrain afin de nous assurer du gel des travaux et ne laisserons rien passer dans le chantier. »
Le rassemblement avait présenté le 27 avril une plainte au juge des référés en vue d’une mesure rapide qui suspende l’agrandissement de la décharge. « Cette gestion défectueuse des déchets nuit grandement au pays, affirme l’avocat. Nous aspirons à une fermeture pure et simple de la décharge. » Dans son communiqué, Moutahidoun considère par ailleurs que « le renouvellement du contrat avec l’actuel entrepreneur est un crime contre la sécurité et la santé des habitants ».


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