Poignée de main hier entre l’émissaire iranien Hussein Jaberi al-Ansari et le président Aoun. Photo Dalati et Nohra
L’émissaire spécial du président iranien, Hussein Jaberi al-Ansari, a effectué hier une tournée auprès du président de la République Michel Aoun, du président de la Chambre Nabih Berry, et du ministre sortant des Affaires étrangères Gebran Bassil. Il n’a en revanche pas eu d’entretien avec le Premier ministre Saad Hariri. M. Ansari a évoqué avec ses interlocuteurs la question du « retrait unilatéral » des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, ainsi que le dossier de la crise syrienne.
L’émissaire iranien, qui occupe le poste d’assistant du ministre iranien des Affaires étrangères, a remis au chef de l’État un message oral du président Hassan Rohani portant sur la position de Téhéran concernant l’accord sur le nucléaire. M. Aoun a estimé que le retrait américain de cet accord avait « des répercussions négatives sur la sécurité et la stabilité dans la région ».
Contacté par L’Orient-Le Jour au sujet d’une éventuelle rencontre entre MM. Hariri et Ansari, un responsable du courant du Futur a affirmé que l’émissaire iranien « n’a pas pris de rendez-vous » avec le Premier ministre désigné.
M. Ansari a en outre été reçu hier par le président de la Chambre, Nabih Berry. « Nous espérons que le Liban réussira à former son gouvernement dans le cadre d’un consensus politique », a-t-il déclaré à l’issue de cet entretien. Revenant sur le contenu de la lettre du président Rohani transmise à Michel Aoun, M. Ansari a indiqué que cette lettre insistait « sur les efforts politiques qu’entreprend l’Iran pour préserver l’accord sur le nucléaire et sur les négociations qu’il mène pour faire face à la politique des États-Unis et leur sortie de l’accord ».
M. Ansari, qui avait rencontré dimanche à Damas le chef de la diplomatie syrienne Walid Moallem, selon l’agence officielle iranienne IRNA, a en outre estimé que la priorité dans la région était de trouver « rapidement une solution politique à toutes les crises ». « J’ai mis au courant les officiels libanais des pourparlers portant sur la crise syrienne », a-t-il dit. « Concernant la Syrie, l’Iran a placé en tête de ses priorités de trouver une solution politique à la crise », a-t-il souligné.
L’émissaire iranien a ensuite eu un entretien avec le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil. « Nous ne pouvons parler de solution définitive à la crise syrienne sans parler du retour des réfugiés en Syrie », a-t-il dit à l’issue de cet entretien. Concernant le dossier du nucléaire iranien, il a indiqué que l’Iran entreprenait des contacts pour contrer la « décision unilatérale » américaine.

