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Moyen Orient et Monde - Turquie

Investi, Erdogan cherche à apaiser

Recep Tayyip Erdogan prononçant un discours lors d’une cérémonie au palais présidentiel à Ankara, en Turquie, le 9 juillet 2018. Umit Bekta/Reuters

Recep Tayyip Erdogan a entamé hier un nouveau mandat avec de vastes pouvoirs, s’engageant à être le président de tous les Turcs, alors que ses détracteurs craignent un virage autocratique.
M. Erdogan, 64 ans, a prêté serment au Parlement, s’engageant notamment à préserver les principes de la Turquie laïque fondée par Mustafa Kemal Atatürk et d’accomplir sa tâche d’une manière « impartiale ».
M. Erdogan, accompagné de son épouse Emine, a été accueilli par une salve d’applaudissements à son arrivée au Parlement, où une alliance dominée par son parti islamo-conservateur, l’AKP, détient la majorité.
Au pouvoir depuis 2003 d’abord comme Premier ministre puis président, M. Erdogan a été réélu le 24 juin, remportant l’élection présidentielle dès le premier tour avec 52,6 % des voix, loin devant ses concurrents.
Après la prestation de serment, M. Erdogan a déposé une gerbe au mausolée d’Atatürk, avant de présider une cérémonie au palais présidentiel, inaugurant une nouvelle ère dans l’histoire moderne de la Turquie avec le passage au système présidentiel, aux termes d’une révision constitutionnelle adoptée par référendum avec une marge étroite en avril 2017.
Saluant « un nouveau début » pour la Turquie, il a promis, dans une apparente tentative d’apaiser une société extrêmement polarisée, de servir tous les Turcs. « Je ne suis pas seulement le président de ceux qui ont voté pour moi, mais de l’ensemble des 81 millions (la population turque) », a-t-il déclaré.
Il a aussi promis d’œuvrer pour faire avancer « la démocratie, les droits et les libertés », et de hisser la Turquie parmi les dix premières économies au monde.

« Régime d’un seul homme »
L’accession de M. Erdogan à cette « hyperprésidence » intervient près de deux ans après une tentative de coup d’État, le 15 juillet 2016, menée par des militaires factieux et suivie de vastes purges, notamment au sein des forces armées, la police et les administrations, avec l’arrestation ou le limogeage de dizaines de milliers de personnes.
La dernière vague de purges, annoncée dimanche, a touché plus de 18 000 personnes, en majorité des soldats et des policiers, qui ont été limogées par un décret-loi présenté comme le dernier sous l’état d’urgence instauré au lendemain du putsch manqué.
 « Un régime d’un seul homme commence aujourd’hui », a écrit sur sa une le quotidien d’opposition
Cumhuriyet. Le journal progouvernemental Yeni Safak a salué une « journée historique » durant laquelle « une page de l’histoire turque se tourne et une nouvelle page s’ouvre ».
Dans le nouveau système, le poste de Premier ministre, occupé par Binali Yildirim, sera supprimé, le chef de l’État détiendra désormais l’ensemble du pouvoir exécutif et pourra promulguer des décrets. Il nommera également six des treize membres du Conseil des juges et procureurs (HSK), chargé de désigner et destituer le personnel du système judiciaire.
Lors des élections législatives qui se sont tenues en même temps que la présidentielle, l’AKP a obtenu 295 sièges sur 600 et ne contrôle le Parlement que grâce à son alliance avec les ultranationalistes du MHP, qui compte 49 élus.
Source : AFP

Recep Tayyip Erdogan a entamé hier un nouveau mandat avec de vastes pouvoirs, s’engageant à être le président de tous les Turcs, alors que ses détracteurs craignent un virage autocratique.M. Erdogan, 64 ans, a prêté serment au Parlement, s’engageant notamment à préserver les principes de la Turquie laïque fondée par Mustafa Kemal Atatürk et d’accomplir sa tâche d’une manière « impartiale ».M. Erdogan, accompagné de son épouse Emine, a été accueilli par une salve d’applaudissements à son arrivée au Parlement, où une alliance dominée par son parti islamo-conservateur, l’AKP, détient la majorité.Au pouvoir depuis 2003 d’abord comme Premier ministre puis président, M. Erdogan a été réélu le 24 juin, remportant l’élection présidentielle dès le premier tour avec 52,6 % des voix,...
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