Le président des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a adressé hier une mise en garde tacite au chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, sans le nommer, dans le cadre de la querelle entre les deux partis autour de la formation du gouvernement.
« L’ampleur de notre représentation actuelle n’est pas une coïncidence ni une exception. Il s’agit d’une réalité que la tutelle et ses lois électorales partiales à l’époque nous avaient empêchés de manifester et de consolider. Le temps des affaiblissements et des ténèbres est révolu, voici venu celui de la saine représentation et de la lumière. Qui peut empêcher aujourd’hui la vérité d’éclater au grand jour ? (…) », a affirmé le leader FL lors d’une cérémonie à Meerab, à l’occasion de la remise des cartes du parti à 2 650 nouveaux adhérents. « Le processus constitutionnel sur la base duquel le gouvernement est formé doit retrouver et compléter la volonté populaire qui s’est traduite dans les urnes, pas devenir un moyen d’occulter cette dernière, la paralyser ou la ligoter », a-t-il indiqué. Et M. Geagea de poursuivre : « Si nous sommes attachés à l’accord de Meerab, ce n’est pas pour former des binômes, ou des alliances tripartites ou quadripartites sur la scène chrétienne, mais pour instaurer un climat de stabilité et d’entente à l’intérieur de la société, qui soit ensuite étendu au niveau national. » « Gare à notre frère, certes », a-t-il dit – en allusion au slogan né de l’accord de Meerab avec le CPL – mais aussi à la souveraineté de l’État, aux intérêts des gens, au gaspillage, à la corruption, aux conditions de vie des pauvres… » « Notre lutte contre le gaspillage, la corruption et les marchés douteux n’était pas dirigée contre un ministre ou un groupe politique en particulier, mais contre cet establishment qui existe au Liban depuis l’indépendance », a précisé le président des FL.
« Les FL ont accru leur poids parlementaire grâce à leurs pratiques au Parlement et au gouvernement, et au niveau de la chose publique, ainsi que du fait de la confiance que les Libanais leur ont accordée. Leur présence au gouvernement ne vise pas à profiter des postes mais à réaliser ce que l’opinion publique attend d’elles. Nous n’accepterons donc pas de troquer notre présence au sein du gouvernement contre un silence sur le gaspillage, le manque de production et la corruption, dans la mesure où notre présence vise à l’origine à lutter contre la corruption, pas à glaner des sièges », a-t-il souligné. « Les FL respectent tous les partis et les colorations politiques, et ne visent à isoler ou éliminer le rôle de personne. Tout ce que nous demandons, c’est que les autres respectent notre présence et mettent fin à leurs tentatives de nous isoler et de nous circonscrire. Ces tentatives ont échoué dans le passé et échoueront encore », a ajouté Samir Geagea. « Ceux qui pensent pouvoir isoler et affaiblir les FL à l’intérieur du pouvoir les renforcent à leurs dépens. Ils doivent se souvenir de l’adage selon lequel j’ai été dévoré le jour où le taureau blanc le fut », a-t-il conclu, en allusion à un vieux proverbe d’al-Maïdani repris par Ibn al-Mouqaffah, qui voudrait dire en somme que la chute de l’une des deux formations entraînerait aussitôt celle de l’autre.
Liban - Partis
La mise en garde de Geagea à Bassil...
OLJ / le 30 juin 2018 à 00h00

