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Moyen Orient et Monde - Vatican

La question des migrants au cœur de la première rencontre entre François et Macron

L’entretien entre les deux hommes est le plus long accordé par le pape argentin à un chef d’État ou de gouvernement.

Fidèle à son image d’homme appréciant les contacts physiques, le président français a posé la main sur l’épaule du pape dans un geste étonnamment complice et les deux hommes se sont embrassés sur la joue avant de se quitter. Alessandra Tarantino/Pool/AFP

Le président français Emmanuel Macron a rencontré hier pour la première fois le pape François, une rencontre à l’apparence très chaleureuse, centrée notamment sur la question des migrants à l’heure où ce dossier déchire les Européens. Les deux hommes ont parlé de la laïcité, du dialogue interreligieux, de l’Europe, du climat et des migrants, ainsi que de « sujets sociétaux », a précisé l’Élysée, parlant d’un « échange très libre et très intense ».
M. Macron est ressorti de son tête-à-tête dans la bibliothèque du somptueux palais pontifical au bout de 57 minutes, le plus long entretien jamais accordé par le pape argentin à un chef d’État ou de gouvernement. Le président français n’a toutefois pas battu le record absolu de son prédécesseur François Mitterrand, qui était resté une heure et quart en tête à tête avec Jean-Paul II. Il est en revanche resté plus longtemps que son prédécesseur François Hollande (35 minutes). Et il aura dépassé par exemple les présidents américains Barack Obama (50 minutes) et Donald Trump (30 minutes).
La laïcité à la française a, comme prévu, fait partie des thèmes abordés durant l’entretien. Dans un long discours lyrique devant la Conférence des évêques de France (CEF) début avril, M. Macron avait dit vouloir « réparer » le « lien » entre l’Église catholique et la République française, « abîmé » notamment depuis l’adoption du mariage homosexuel en 2013. Ce discours du président français avait suscité les critiques de la gauche et du Rassemblement national (extrême droite), dans un pays où le respect de la laïcité fait l’objet de débats épidermiques. L’épiscopat français avait pour sa part salué un discours refondateur des relations entre les catholiques et la République. « La France devrait dire que les religions font elles aussi partie de la culture », plaide le pape.
À la fin de son entretien privé, M. Macron a été rejoint par son épouse Brigitte, en tailleur noir, ainsi que par une délégation d’une douzaine de personnes dont son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et celui des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Le président français a offert au pape une édition en italien de 1949 du Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos, écrivain catholique fervent, que son hôte apprécie beaucoup. Le pape lui a remis une médaille en bronze de saint Martin, symbole de générosité du IVe siècle, qui selon la tradition chrétienne a partagé son manteau avec un déshérité. « C’est la vocation des gouvernants de protéger les pauvres... e tutti siamo poveri (et nous sommes tous des pauvres) », lui a fait remarquer avec un regard appuyé François, mélangeant français et italien. Fidèle à son image d’homme appréciant les contacts physiques, M. Macron a posé la main sur l’épaule du pape dans un geste étonnamment complice et les deux hommes se sont embrassés sur la joue avant de se quitter.

À couteaux tirés
Avant cette rencontre, Emmanuel Macron avait pris son petit déjeuner avec la communauté de laïcs catholiques Sant’ Egidio, très impliquée dans l’accueil de migrants et organisatrice de couloirs humanitaires acheminant des réfugiés syriens en Europe, dont la France. « Le président Macron a mentionné les corridors humanitaires comme modèle de politique d’immigration légale, surtout pour les personnes qui ont besoin de protection humanitaire », a commenté après sa rencontre Andrea Riccardi, fondateur de Sant’ Egidio et ex-ministre italien.
La veille, Emmanuel Macron avait rencontré, très discrètement, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte. Et ce alors que M. Macron est à couteaux tirés avec le gouvernement italien, notamment avec son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, qui ne cesse de fustiger son « arrogance », et sur le dossier des migrants. Selon des sources gouvernementales citées par les médias italiens, et confirmées ensuite par un porte-parole italien à l’AFP, les deux hommes ont eu un long entretien dans un restaurant au cours duquel ils ont évoqué le dossier des migrants, à l’avant-veille d’un sommet européen largement consacré à cette question. Le nouveau pouvoir italien a déclaré la guerre aux ONG positionnant leurs bateaux au large des côtes libyennes. Le pape interpelle régulièrement les dirigeants de l’Union européenne pour qu’ils maintiennent des idéaux fondateurs comme « la solidarité ». Emmanuel Macron a également assisté hier à une cérémonie religieuse dans la basilique de Saint-Jean-de-Latran pour recevoir son titre de « premier et unique chanoine d’honneur » de la cathédrale, une tradition remontant au roi Henri IV. Son prédécesseur François Hollande s’était abstenu de ce cérémonial. Le président français a justifié son choix de participer à cette cérémonie au nom de la « tradition de concorde et d’amitié entre la France et le Vatican ».
Baptisé à 12 ans dans la foi catholique, ancien élève d’un collège jésuite où il a rencontré son épouse Brigitte, son ancienne professeure alors femme mariée, Emmanuel Macron se définit aujourd’hui comme « agnostique ».
Source : AFP

Le président français Emmanuel Macron a rencontré hier pour la première fois le pape François, une rencontre à l’apparence très chaleureuse, centrée notamment sur la question des migrants à l’heure où ce dossier déchire les Européens. Les deux hommes ont parlé de la laïcité, du dialogue interreligieux, de l’Europe, du climat et des migrants, ainsi que de « sujets...
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