Le président de la République et la Première dame, hier, à Deir el-Kalaa. Photo Dalati et Nohra
Pour la première fois depuis le 13 octobre 1990, date du coup de force de l’armée syrienne contre les régions tenues par l’armée libanaise sous le commandement du général Michel Aoun, et de l’éviction de ce dernier du palais de Baabda, l’ordre des antonins a célébré une messe au couvent Saint-Jean-Baptiste de la forteresse (Deir el-Kalaa), à Beit-Méry, lui-même envahi et dévasté ce jour-là par l’armée syrienne. Le chef de l’État et son épouse Nadia ont assisté à la cérémonie religieuse et au repas qui l’a suivie, ainsi que le commandant en chef de l’armée Joseph Aoun et un certain nombre de députés de la région. La cérémonie a fait mémoire de deux des prêtres du couvent, Albert Cherfane et Sleiman Abi Khalil, d’un certain nombre de civils, ainsi que de militaires d’une garnison de l’artillerie en position non loin du couvent, portés disparus ce jour-là et présumés morts. Prenant la parole au début de la cérémonie religieuse, le supérieur des antonins, le P. Maroun Abou Rahal, devait saluer le chef de l’État et son épouse, et préciser : « Depuis le 13 octobre 1990, et tout au long des 28 dernières années, aucune prière ne s’était élevée de ce couvent. Cette absence forcée prend fin aujourd’hui, jour de la fête de saint Jean-Baptiste, qui coïncide avec le 270e anniversaire de la fondation de ce couvent (1748). » Et le P. Abou Rahal d’ajouter : « Nous élevons nos prières, avec vous et tous les fidèles présents, pour ceux qui ont donné leur vie sur le sol de ce couvent, afin que le Liban demeure, selon les mots de saint Jean-Paul II, un message de liberté et de vivre-ensemble pour l’Orient et l’Occident. »
Registre d’or
Sur le registre d’or du couvent, le président Michel Aoun devait écrire : « Fasse que tous les Libanais s’inspirent du message de ce lieu de prière qui embaume de la bonne odeur du témoignage jusqu’au martyre, et retiennent de lui l’exemple d’un élan qui fait prévaloir le désir de témoigner sur les facteurs de crainte, d’hésitation et de repli. » Et le chef de l’État d’évoquer brièvement les temps où « le couvent était un appui à l’armée, à la dignité de la patrie et à sa souveraineté », avant de conclure en affirmant « qu’une telle séquence historique ne doit pas être oubliée, mais transmise à tout Libanais, car ceux qui oublient l’histoire sont condamnés à en répéter les erreurs ».

