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Les réfugiés (aussi) ont du talent

Lors de la finale de « Refugees got talent » à Rabat, au Maroc, Abir (une Syrienne) a interprété avec émotion une chanson de la diva égyptienne Oum Kaltoum. Elle était accompagnée au oud par son mari marocain, Younès Fakher. HCR/Handout/AFP

Ils sont poètes, rappeurs, danseurs ou acteurs, professionnels ou amateurs, ils viennent du Cameroun, de Côte d’Ivoire, de Syrie, de Palestine ou de Libye. Tous réfugiés, ils se sont investis avec bonheur dans un concours de talents organisé par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU, au Maroc.
Arthur, un Camerounais de 27 ans, a donné le meilleur de son « coupé décalé » pour ce concours intitulé « Refugees got talent » (Les réfugiés ont du talent), devant les quatre juges chargés de sélectionner les finalistes. « Ça m’apporte de la joie au cœur », dit ce danseur professionnel, gay et militant de la cause LGBT, qui a fui son pays où l’homosexualité est punie de prison. Arrivé il y a deux ans au Maroc – au départ simple étape de son rêve de nouvelle vie en Europe –, Arthur a obtenu sa carte de réfugié l’an dernier. Il ne compte pas rester là puisque l’homosexualité y est aussi traitée comme un crime passible de prison. En attendant, pour « oublier », Arthur s’est donné à fond dans les chorégraphies syncopées de son groupe, les Fantastiques, pendant les répétitions. « Je n’attends pas grand-chose de cet événement, mais rien que de me produire devant des gens qui aiment ce que je fais, ça me plaît », explique le jeune homme.
 « Les réfugiés ont vécu des traumatismes sur leur parcours migratoire ou dans leur pays d’origine d’où ils sont partis pour fuir les persécutions et les conflits. Ce concours représente une opportunité de sortir d’un contexte difficile, de rencontrer d’autres personnes, de s’amuser », détaille Gosia Bratkrajc, une responsable du HCR, qui organise le concours pour la seconde fois au Maroc. Des shows du même type ont déjà été proposés dans des camps de réfugiés en Ouganda et en Irak.
La compétition était ouverte à tous les réfugiés enregistrés au Maroc, soit un peu plus de 5 000 personnes originaires de 38 pays. Les neuf finalistes sélectionnés pendant les castings ont répété pendant plus d’un mois dans les locaux d’une association d’aide aux migrants. « C’est une belle occasion pour nous de rencontrer du monde, de découvrir la culture d’autres pays, au lieu de rester assis à la maison avec la même routine », s’enthousiasme Mahmoud, Palestinien de 23 ans originaire de la bande de Gaza. Comédien de profession, il présente une pièce de théâtre où il campe un vieil homme en sarouel que son fils veut convaincre de ses rêves de carrière artistique. Son ami Mohammad (23 ans) a écrit la pièce avec lui et lui donne la réplique.
La finale a été organisée la semaine dernière, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, dans un palace de Rabat, devant une grosse centaine de spectateurs, officiels et diplomates, triés sur le volet. Abir a interprété avec émotion une chanson de la diva égyptienne Oum Kaltoum. Cette Syrienne, qui a fui la répression du régime avec son mari marocain et ses trois enfants, vit depuis cinq ans à Tanger. Pendant la soirée, les Fantastiques, comme tous les lauréats, ont été récompensés par un bon d’achat de supermarché d’une centaine d’euros.

Stéphanie WENGER/AFP

Ils sont poètes, rappeurs, danseurs ou acteurs, professionnels ou amateurs, ils viennent du Cameroun, de Côte d’Ivoire, de Syrie, de Palestine ou de Libye. Tous réfugiés, ils se sont investis avec bonheur dans un concours de talents organisé par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU, au Maroc.Arthur, un Camerounais de 27 ans, a donné le meilleur de son « coupé décalé » pour ce concours intitulé « Refugees got talent » (Les réfugiés ont du talent), devant les quatre juges chargés de sélectionner les finalistes. « Ça m’apporte de la joie au cœur », dit ce danseur professionnel, gay et militant de la cause LGBT, qui a fui son pays où l’homosexualité est punie de prison. Arrivé il y a deux ans au Maroc – au départ simple étape de son rêve de nouvelle vie en...
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