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Tripoli au premier jour

Exposition

La Foire internationale Rachid Karamé accueillera samedi 23 juin l’exposition éphémère « Day 1 : Escaping Suspension » : un retour sur la ville et ce lieu chargé d’histoire.

22/06/2018

Avec sa grande arche, son boomerang élancé et son large dôme, la Foire internationale Rachid Karamé de Tripoli s’impose dans toute son étrangeté au milieu de la ville : étrangeté d’une ellipse vide de près d’un million de mètres carrés, qui n’accueille finalement que le squelette de ce qu’aurait dû être l’un des hauts lieux de l’art contemporain au Moyen-Orient. Portant la mémoire de la guerre et de son occupation par des milices et armées successives, le complexe apparaît aujourd’hui comme un cénotaphe vide de ses ambitions, tombeau où reste l’absence.
Pourtant, avec l’exposition éphémère « Day 1 », qui s’y tiendra samedi 23 juin de 16h à 20h, c’est comme si le premier pari un peu fou de l’’architecte brésilien Oscar Niemeyer, décédé en 2012, essayait de s’accomplir en douce, de manière fugitive, juste avant que la nuit ne retombe sur l’édifice.
 « Day 1 » donc, comme au premier jour, comme au commencement de quelque chose qui reste en suspens : art et géographie sont fortement liés ici puisque le lieu est porteur de mémoire – celle de la ville comme du Liban tout entier. L’exposition est le fruit d’un projet élaboré par des étudiantes en critique d’art et « curatoriat » de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, Narrimane Aboul Seoud, Léna Allam et Chantale Fahmi, sous la supervision de Nayla Tamraz et Maya Hage, et présentera les œuvres d’artistes travaillant au Liban-Nord pour la plupart, à Beyrouth pour quelques autres.
Le choix témoigne d’une volonté d’œuvrer à la décentralisation de l’art au Liban, qui trop souvent se cantonne à la capitale, faute de politique culturelle conséquente. L’exposition est aussi un hommage à la ville de Tripoli, dont les artistes offrent chacun un portrait très personnel, qui en montre les multiples facettes. On y retrouvera les photographies de Samira Baroudi et Ibtissam Dib, mais aussi de Rafic Hariri et de Badr Safadi avec ses collages, les graff de Ali Rafeï, le travail vidéo de Firas el-Hallak, de Yahya Mourad et de Dorine Potel, une installation de Moustapha Saleh, ainsi qu’une performance de musique expérimentale de Charif Sehnaoui et Chakib Abou Hamdan.
 « L’exposition témoigne des frustrations qui se sont accumulées dans la ville, des relations difficiles entre les artistes et leur ville, dans laquelle ils peuvent rarement être exposés », explique la curatrice Aboul Seoud, qui présente l’événement comme un moyen de « dynamiser cet espace à travers l’art ». Et de fait, installées au milieu des vestiges du projet de foire internationale, les œuvres sont comme des saxifrages récalcitrantes, qui persistent en dépit des désordres politiques pour interroger la mémoire de la ville et, peut-être, chercher l’appartenance à Tripoli à travers ses fantômes.

 « Day 1 : Escaping Suspension »,
Foire internationale de Tripoli,
samedi 23 juin 2018, 16h-20h.

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