Le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a prévenu hier à Bruxelles que quitter la Syrie dès la fin des combats contre l’organisation État islamique (EI) serait une « bourde stratégique ». La coalition internationale antijihadiste s’est déployée en Syrie au titre de la lutte contre l’EI, et une fois les derniers combattants de ce groupe éliminés de la zone contrôlée par les alliés de Washington, dans le nord-ouest du pays, la présence de soldats américains sur le sol syrien risque de perdre sa légitimité internationale. C’est pourquoi M. Mattis a ouvert une réunion sur la lutte contre l’EI à l’OTAN par un appel aux alliés à ne pas laisser la place libre à la Russie ou l’Iran, à qui le président syrien Bachar el-Assad doit son maintien au pouvoir.
« Au moment où les opérations militaires tirent à leur fin, nous devons éviter de laisser en Syrie un vide qui puisse être exploité par le régime d’Assad ou ses soutiens », a-t-il déclaré. « Notre combat n’est pas terminé. Nous devons infliger à l’EI une défaite durable, pas seulement territoriale », a ajouté le ministre américain. Et alors que le président Donald Trump a émis à plusieurs reprises le vœu de quitter la Syrie « le plus vite possible », le chef du Pentagone a plaidé pour la patience. « En Syrie, quitter le champ de bataille avant que l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, parvienne à faire progresser le processus de paix de Genève que nous avoir tous approuvé par une résolution du Conseil de sécurité, serait une bourde stratégique qui affaiblirait nos diplomates et permettrait aux terroristes de récupérer. » Le président russe Vladimir Poutine a assuré jeudi que les troupes russes présentes en Syrie, qui soutiennent les forces du régime de Damas depuis septembre 2015, y resteraient tant que Moscou « y trouvera un intérêt ». « Nous ne prévoyons pas de retrait des forces pour le moment », a-t-il ajouté.
Moyen Orient et Monde
Mattis : Quitter la Syrie trop tôt serait une « bourde stratégique »
OLJ / le 09 juin 2018 à 00h00


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine