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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Macron et Netanyahu campent sur leurs positions vis-à-vis de l’Iran

Le président français, Emmanuel Macron, fait ses adieux au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à l’Élysée, hier. Philippe Wojazer/Reuters

Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu ont campé hier sur leurs positions respectives concernant l’attitude à adopter vis-à-vis de l’Iran, le chef de l’État français appelant à préserver l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien tout en le complétant et le Premier ministre israélien exhortant à la plus grande fermeté face à Téhéran.
Pour leur quatrième rencontre en l’espace d’un an, les deux dirigeants, qui avaient multiplié par le passé les gestes et les déclarations d’amitié, ont une nouvelle fois affiché une entente cordiale sans parvenir à dissimuler les divergences qui se sont accentuées ces dernières semaines sur la question de l’Iran.
L’État hébreu, qui considère la République islamique comme une « menace directe » à sa sécurité, n’a eu de cesse de critiquer l’accord de 2015 et s’est félicité de la décision de Donald Trump de sortir de ce texte début mai, estimant qu’il ne constituait pas un garde-fou suffisant et que Téhéran avait « menti ».
La France, avec les autres pays signataires (Chine, Russie, Royaume-Uni, Allemagne), tente, elle, de préserver ce texte – qu’elle souhaite compléter – et de convaincre Téhéran de rester dans ce cadre, seul à même, selon Paris et ses partenaires, d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
« J’ai redit au Premier ministre ma conviction profonde partagée par nos partenaires européens que l’accord de 2015 devait être préservé pour contrôler l’activité nucléaire », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse conjointe à l’Élysée. Ce cadre « nécessite d’être complété par un accord post-2025 un travail sur l’activité balistique et un travail sur la présence régionale militaire de l’Iran », a-t-il ajouté. Sur ce dernier point, le chef de l’État a exprimé une nouvelle fois « sa vive préoccupation », en écho aux propos tenus la veille par la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, première étape de la mini-tournée européenne de Benjamin Netanyahu.
Quelques heures après l’annonce iranienne sur une potentielle augmentation de sa capacité d’enrichissement d’uranium (voir par ailleurs), le président français a également invité toutes les parties « à stabiliser la situation et à ne pas céder à cette escalade qui ne mènerait qu’à une chose : le conflit ».

« Cet accord sera dissous »
Le Premier ministre israélien, qui se rendra aujourd’hui à Londres pour rencontrer la Première ministre britannique Theresa May, n’a pour sa part une nouvelle fois pas mâché ses mots contre Téhéran, qu’il a accusé d’avoir financé, à travers la levée des sanctions économiques décidée en 2015, ses actions militaires dans la région. « La plus grande menace au monde de mon point de vue ce sont les armements nucléaires aux mains d’un régime islamiste radical comme celui de l’Iran », a-t-il dit. « C’est le moment d’appliquer des mesures de pression maximum contre l’Iran pour qu’ils ne puissent pas aller de l’avant » sur le plan nucléaire et militaire. « Je n’ai pas demandé à la France de se retirer de l’accord, je pense que cet accord sera dissous au vu de l’évolution » des sanctions économiques que les États-Unis vont rétablir, a-t-il ajouté.
Autre sujet abordé, la question des Palestiniens et du processus de paix, trois semaines après la répression de manifestations dans la bande de Gaza par l’armée israélienne. Mais face à l’urgence iranienne, le conflit israélo-palestinien s’est trouvé relégué à l’arrière-plan dans les discussions à l’Élysée.

Manifestations
Quelques centaines de personnes ont, par ailleurs, défilé hier à Paris, Marseille, Lille et Lyon pour dénoncer la visite en France du Premier ministre israélien, à l’appel d’associations propalestiniennes qui le voient comme un « criminel de guerre ». À Paris, environ 300 personnes se sont rassemblées dans le calme à proximité des Invalides, munis de drapeaux palestiniens et de drapeaux de l’association Solidarité France-Palestine. « Israël assassin, Macron complice », « Halte au massacre du peuple palestinien », scandaient notamment les manifestants, parmi lesquels la sénatrice (EELV, groupe CRCE) de Paris Esther Benbassa, sous l’œil de CRS qui leur ont bloqué le passage à l’entrée du pont Alexandre III.
À Marseille, quelque 200 militants réunis sur une place du centre-ville ont eux aussi déployé un grand drapeau palestinien. Parmi eux, plusieurs militants du PCF et de la CGT, ainsi que des membres de la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël. Ils étaient 80 rassemblés sur l’une des places principales à Lille. À Lyon, une vingtaine de personnes rassemblées sur un quai du Rhône ont tendu un drap proclamant « Stop au génocide en Palestine », sous l’œil de la police.
La visite de M. Netanyahu devait s’achever dans la soirée par l’inauguration au Grand Palais de l’exposition « Israel@Lights » dans le cadre du lancement à Paris de la saison croisée France-Israël, une série de 400 événements culturels qui se tiendront dans les deux pays jusqu’en novembre. Les deux dirigeants veulent mettre à profit la Saison culturelle croisée France-Israël, à l’occasion des 70 ans de l’État d’Israël, pour montrer ce qui rassemble les deux pays.
Source : agences

Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu ont campé hier sur leurs positions respectives concernant l’attitude à adopter vis-à-vis de l’Iran, le chef de l’État français appelant à préserver l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien tout en le complétant et le Premier ministre israélien exhortant à la plus grande fermeté face à Téhéran.Pour leur quatrième rencontre en l’espace d’un an, les deux dirigeants, qui avaient multiplié par le passé les gestes et les déclarations d’amitié, ont une nouvelle fois affiché une entente cordiale sans parvenir à dissimuler les divergences qui se sont accentuées ces dernières semaines sur la question de l’Iran.L’État hébreu, qui considère la République islamique comme une « menace directe » à sa sécurité, n’a eu de cesse de critiquer...
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