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Libye : la "victoire est proche" à Derna, dit le maréchal Haftar

AFP
04/06/2018

Le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est libyen, a annoncé lundi que "la victoire" de ses forces était "proche" à Derna (est), ville contrôlée par des milices islamistes et jihadistes et où la situation humanitaire est critique.

Les forces loyales à M. Haftar mènent depuis le mois dernier une offensive militaire pour "libérer" Derna, la seule zone de l'est libyen à échapper au contrôle de l'autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) qu'il dirige. Dans une vidéo diffusée sur Youtube, le maréchal Haftar, en uniforme militaire, a indiqué que ses forces avaient déjà "nettoyé" les banlieues de Derna. Cette ville côtière, située à plus de 1.000 km à l'est de Tripoli et à environ 300 km à l'est de Benghazi, est sous la coupe d'une coalition hétéroclite de milices islamistes et jihadistes depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. 

L'ANL, dont les forces au sol sont appuyées par des raids aériens et des bombardements à l'artillerie lourde, assiégeait la ville depuis près de deux ans.

L'organisation internationale pour les migrations a indiqué la semaine dernière que la situation humanitaire à Derna était critique et que plus de 2.000 personnes avaient fui "à cause des bombardements et des raids aériens".

La mission des Nations unies en Libye affirmait vendredi qu'au moins 17 civils avaient été tués dans les combats en deux semaines et déplorait le fait que les affrontements "empiétaient de plus en plus sur des zones densément peuplées".

Le maréchal Haftar a affirmé lundi qu'une fois Derna "libérée", ses forces se déploieront dans la ville pour prendre le "contrôle total" des infrastructures mais devront aussi assurer la sécurité des habitants et des bâtiments en dressant des barrages de sécurité.

M. Haftar a par ailleurs demandé à ses troupes de "respecter les procédures légales relatives aux prisonniers et (de) les livrer aux organes compétents", interdisant "toutes mesures de vengeance à leur encontre".
Des membres des forces loyales à M. Haftar ont été mis en cause pour des actes criminels présumés lors de précédents combats, à l'image du commandant Mahmoud Al-Werfalli, qui fait l'objet depuis août 2017 d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour des accusations de "crimes de guerre" lors de la bataille de Benghazi. 

La grande ville de l'est libyen avait été prise l'an dernier par l'ANL, qui en avait chassé après trois ans de combats meurtriers les groupes islamistes et jihadistes qui l'occupaient.

Khalifa Haftar a le soutien des autorités basées dans l'est libyen, qui s'opposent fermement au gouvernement d'union nationale, basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale et l'ONU.

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