Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a "pleine confiance en la capacité et la volonté" du nouveau gouvernement italien à participer au projet européen, a déclaré vendredi une porte-parole de l'exécutif européen.
Un gouvernement d'alliance entre un jeune mouvement populiste, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et un parti d'extrême droite, la Ligue, doit prêter serment vendredi après-midi à Rome, sous la direction de Giuseppe Conte, un juriste novice en politique.
"Nous avons pleine confiance en la capacité et la volonté du nouveau gouvernement de s'engager constructivement avec ses partenaires européens et les institutions européennes, afin de maintenir le rôle central de l'Italie dans le projet commun européen", a déclaré la porte-parole de la Commission, Mina Andreeva. "Le président Juncker est engagé à travailler avec le nouveau gouvernement italien pour s'attaquer aux nombreux défis communs auxquels l'Italie et l'Europe font face", a-t-elle ajouté, citant notamment le domaine de la migration.
Ces déclarations interviennent au lendemain d'une polémique provoquée par des propos de M. Juncker sur l'Italie, dans lesquels le chef de l'exécutif européen appelait à ne pas rejeter la faute sur l'UE des maux du pays, et en particulier de ses régions méridionales. "C'est aux Italiens de s'occuper des régions pauvres de l'Italie. Cela signifie plus de travail, moins de corruption, du sérieux", avait-il poursuivi, suscitant une réaction outrée du chef de file de la Ligue, Matteo Salvini, qui a qualifié ces paroles de "honteuses et racistes".
Le président du Parlement européen, l'Italien Antonio Tajani, a pour sa part demandé à M. Juncker "de démentir immédiatement les phrases qui lui sont attribuées, car si elles étaient vraies, elles seraient inacceptables".
En début de semaine, une polémique avait déjà été déclenchée par des propos du commissaire au Budget Günther Oettinger, qui avait jugé que les réactions des marchés à la situation politique en Italie pourraient convaincre les électeurs "de ne pas choisir des populistes de gauche et de droite".
M. Oettinger, accusé d'ingérence, s'était ensuite excusé. Et M. Juncker était lui-même intervenu, en déclarant que le sort de l'Italie "ne saurait dépendre des injonctions que pourraient lui adresser les marchés financiers".

