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Au Vietnam, de l’art dans les couloirs de la mort

« Ces (figurines) sont les voix des prisonniers du couloir de la mort », explique l’artiste Thinh Nguyen, qui aimerait donner plus de visibilité publique aux œuvres des détenus et qui en a déjà fait une exposition, discrète toutefois. Nhac Nguyen/AFP

Depuis les cellules d’isolement des prisons du Vietnam où les condamnés à mort sont enchaînés, des détenus se sont mis à fabriquer des figurines en plastique pour meubler l’attente – et envoyer, par des moyens détournés, des signes de vie à leurs proches. Des rennes, des roses, des cœurs ou des poissons de la taille d’une paume de main tout en plastique...
Les loisirs comme les arts plastiques ne sont pourtant pas au programme dans les couloirs de la mort vietnamiens, contrairement aux prisons classiques où la fabrication d’objets artisanaux est courante. Les conditions de vie des condamnés à mort sont particulièrement dures : les détenus jugés dangereux ne sont détachés de leurs chaînes qu’un quart d’heure par jour pour faire leur toilette. Mais certains d’entre eux ont réussi malgré tout à fabriquer, en secret, ces petits animaux à partir de sacs en plastique mis au rebut par d’autres détenus.
 « Chaque fois que nous recevons les cadeaux de mon fils, j’ai l’impression qu’il est là avec moi, comme s’il était rentré chez lui », confie Nguyen Truong Chinh, le père de l’un d’eux. Son fils de 35 ans, Chuong, condamné pour le meurtre d’un policier, fait partie des centaines de condamnés patientant dans le couloir de la mort au Vietnam. « Quand je vois les animaux, je sais d’une manière ou d’une autre que mon fils est assez stable pour créer ces choses, qu’il est mentalement fort », explique M. Chinh. Toutefois, il retient ses larmes avec peine : les figures en plastique, c’est fini. Comme d’autres proches de condamnés qui les recevaient par le biais d’ex-détenus de droit commun employés dans le couloir de la mort, il ne reçoit désormais plus ces signaux de créativité.
 « Fabriquer ces figurines ne fait de mal à personne, pourquoi ne permettent-ils pas à mon fils de le faire? » se lamente une mère, Nguyen Thi Loan, dont le fils Ho Duy Hai a été condamné pour meurtre. Cela fait des années que Mme Loan n’en a pas reçu. Aujourd’hui, elle ne supporte plus de regarder celles qu’elle a collectionnées. En février, certaines des premières pièces de son fils ont été exposées, en toute discrétion, l’espace d’un soir, par l’artiste d’opposition Thinh Nguyen, dans son atelier, avec les créations de Chuong et de l’artiste Le Van Manh, condamné à mort lui aussi. « Ces animaux sont les voix des prisonniers du couloir de la mort », explique l’artiste Thinh Nguyen, qui aimerait donner plus de visibilité publique à ces œuvres.

Source : AFP

Depuis les cellules d’isolement des prisons du Vietnam où les condamnés à mort sont enchaînés, des détenus se sont mis à fabriquer des figurines en plastique pour meubler l’attente – et envoyer, par des moyens détournés, des signes de vie à leurs proches. Des rennes, des roses, des cœurs ou des poissons de la taille d’une paume de main tout en plastique...Les loisirs comme les arts plastiques ne sont pourtant pas au programme dans les couloirs de la mort vietnamiens, contrairement aux prisons classiques où la fabrication d’objets artisanaux est courante. Les conditions de vie des condamnés à mort sont particulièrement dures : les détenus jugés dangereux ne sont détachés de leurs chaînes qu’un quart d’heure par jour pour faire leur toilette. Mais certains d’entre eux ont réussi malgré tout à...
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