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Moyen Orient et Monde - Corées

Trump annule son face-à-face avec Kim

C’est par un bref courrier adressé à Kim Jong-un que Donald Trump a fait part de sa décision de renoncer au sommet historique du 12 juin à Singapour. Mais il a aussi laissé la porte ouverte à une rencontre à une date ultérieure. Photo KCNA via KNS/AFP

Dans un spectaculaire retournement, le président américain Donald Trump a annulé hier le sommet historique, prévu dans moins de trois semaines à Singapour, avec le leader nord-coréen Kim Jong-un. Après plusieurs semaines de déclarations très optimistes sur ce tête-à-tête – le premier entre un président américain en exercice et un représentant de la dynastie des Kim, qui règne sur la Corée du Nord depuis plus d’un demi-siècle –, M. Trump avait changé de ton ces derniers jours.
C’est par un bref courrier d’une vingtaine de lignes adressé à M. Kim que M. Trump a fait part de sa décision de renoncer au face-à-face du 12 juin, dont il avait lui-même accepté le principe à la stupéfaction générale. De plus, le texte a été rendu public par l’exécutif américain le jour même où Pyonyang annonçait le démantèlement de son site d’essais nucléaires de Punggye-ri, dans le nord-est de la Corée du Nord.
« J’étais très impatient de vous y rencontrer », explique M. Trump dans sa missive, qui oscille entre un certain formalisme et un ton par moments beaucoup plus direct. « Malheureusement, au regard de l’énorme colère et de l’hostilité affichée dans votre dernière déclaration, j’estime qu’il n’est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre prévue depuis longtemps », ajoute-t-il. « Si vous changez d’avis concernant cet important sommet, n’hésitez pas à m’appeler ou à m’écrire », poursuit le président américain, qui avait beaucoup investi d’un point de vue politique dans ce sommet, allant jusqu’à évoquer à plusieurs reprises l’hypothèse d’un prix Nobel de la paix, mise en avant par certains élus républicains.
Dans son courrier, le président américain évoque l’arsenal nucléaire américain en guise de mise en garde : « Vous évoquez votre arsenal nucléaire, mais le nôtre est si massif et puissant que je prie Dieu que nous n’ayons jamais à en faire usage », écrit-il. Mais il laisse aussi la porte ouverte à une rencontre à une date ultérieure. « J’avais l’impression qu’un merveilleux dialogue était en train de s’instaurer entre vous et moi », écrit-il, à M. Kim, assurant qu’il serait « très heureux » de le rencontrer « un jour ». Il prend d’ailleurs soin de remercier aussi ce dernier pour la libération des trois « otages » américains. « C’était un très beau geste qui a été beaucoup apprécié », souligne-t-il. Donald Trump termine sur une note sombre, jugeant que « le monde (...) a perdu une occasion pour une paix durable ». « Cette occasion manquée est véritablement un moment triste dans l’histoire », conclut-il.Un peu plus tard, devant la presse, Donald Trump a mis en garde la Corée du Nord contre tout acte « irresponsable », en assurant que la campagne de « pression maximale » sur ce pays allait se poursuivre.

L’ONU profondément préoccupée
En première ligne sur ce dossier, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui a rencontré Kim Jong-un à deux reprises à Pyongyang, a expliqué hier que les conditions n’étaient pas réunies pour un « résultat positif ». « Nous n’avons reçu aucune réponse à nos demandes » de la part des autorités nord-coréennes, a-t-il regretté devant une commission parlementaire.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est aussitôt dit « profondément préoccupé » par cette annulation, appelant toutes les parties à poursuivre leur dialogue pour trouver une voie « vers une dénucléarisation pacifique et vérifiable de la péninsule coréenne ». Le président sud-coréen Moon Jae-in a, pour sa part, convoqué une réunion d’urgence, avec notamment son chef des services secrets et son ministre de la Réunification, a indiqué l’agence de presse Yonhap. La Corée du Sud « cherche à comprendre quelles sont les intentions du président Trump et leur signification », a déclaré le porte-parole de la présidence, Kim Eui-kyeom.
Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, la Corée du Nord a opéré la semaine dernière un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, annulant une rencontre intercoréenne et évoquant la possibilité de remettre en cause le sommet. La dernière banderille a été plantée hier par la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Cheo Son-hui, qui a fustigé les propos tenus par le vice-président américain Mike Pence, lequel avait affirmé que « ce serait une grave erreur pour Kim Jong-un de penser qu’il pourrait se jouer de Donald Trump ». M. Pence avait également déclaré que la Corée du Nord pourrait finir comme la Libye de Mouammar Kadhafi, tué lors du soulèvement de son pays après avoir renoncé à l’arme atomique, « si Kim Jong-un ne passe pas un accord » avec Washington sur la dénucléarisation.
« Je ne peux pas cacher ma surprise devant de telles remarques idiotes et stupides venant de la bouche du vice-président américain », a indiqué Mme Cheo, dans une déclaration publiée par l’agence officielle nord-coréenne KCNA. « Nous ne quémanderons pas auprès des États-Unis pour un dialogue, ni ne nous donnerons la peine de les persuader s’ils ne veulent pas s’asseoir avec nous », a-t-elle ajouté, en précisant qu’elle recommanderait à M. Kim d’annuler le sommet si les États-Unis persistent « dans des actes illégaux et insultants ».

Source : AFP

Dans un spectaculaire retournement, le président américain Donald Trump a annulé hier le sommet historique, prévu dans moins de trois semaines à Singapour, avec le leader nord-coréen Kim Jong-un. Après plusieurs semaines de déclarations très optimistes sur ce tête-à-tête – le premier entre un président américain en exercice et un représentant de la dynastie des Kim, qui règne sur la Corée du Nord depuis plus d’un demi-siècle –, M. Trump avait changé de ton ces derniers jours.C’est par un bref courrier d’une vingtaine de lignes adressé à M. Kim que M. Trump a fait part de sa décision de renoncer au face-à-face du 12 juin, dont il avait lui-même accepté le principe à la stupéfaction générale. De plus, le texte a été rendu public par l’exécutif américain le jour même où Pyonyang annonçait le...
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