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La Dernière

Capharnaüm : Les larmes de Yordanos et le sommeil de Zain

Festival de Cannes

Ils sont les héros de « Capharnaüm » de Nadine Labaki, les porte-parole des sans-abris et sans papiers. Hier à la conférence de presse, alors que la réalisatrice et les deux producteurs parlaient du film, Zain Alrafeea a attendri le public en s’assoupissant, et Yordanos Shiferaw l’a ému par ses larmes.

19/05/2018

Les acteurs de Capharnaüm, comédiens, réalisatrice et compositeur-producteur ont partagé leurs souvenirs, hier lors d'une conférence de presse, et alors que le film de Nadine Labaki, en lice pour la Palme d'Or, avait été projeté et ovationné jeudi soir. Ils ont dit :

Nadine Labaki  : « Avant le début du tournage, je me suis demandé si je pouvais vivre avec mon chef opérateur. J’ai pu le faire grâce à cette expérience unique. Cela a été une vraie collaboration parce que Christopher Aoun s’y est jeté corps et âme, sans aucune remise en question. Avec lui, on n’avait pas besoin de parler, c’était comme une chorégraphie de caméras durant tout le film pour ruser avec la vérité. Surtout avec le petit Yonas qui, en fait, est une fille qui se prénomme Tresaure et qui avait à peine un an durant le tournage. Nous devions nous adapter aux enfants et pas le contraire. On les a donc filmés alors qu’ils parlaient, dormaient, souriaient. Il fallait être à leur écoute. Et je n’aurais pas pu accomplir ce travail sans mon chef op qui a tout compris dès le début. J’ai fait de tout pour m’effacer derrière ma caméra. Il était également demandé à toute l’équipe de rester à la fois invisible mais présente. Le crédit revient également à la directrice de casting Jennifer Haddad sans laquelle je n’aurais jamais trouvé cet enfant prodige qui répondait à toutes les conditions requises.
 
Zain Alrafeea, interrogé par le modérateur sur ses impressions du tournage, chuchotera à l’oreille de Nadine Labaki, qui se conduisait avec lui comme une petite maman, qu’il avait sommeil. Avant de poser sa tête sur la table de conférences et de s’endormir profondément, il aura le temps d’avouer qu’interpréter un rôle était pour lui chose aisée. Il fallait simplement « obéir à la réalisatrice » qui lui disait tantôt de sourire, tantôt de paraître chagriné. C’est alors que Nadine rétorquera :« Je vous ai dit que c’était un acteur-né. C’est un naturel. »
 
Yordanos Shiferaw, la comédienne érythréenne, qui était engagée à l’âge de 20 ans comme domestique dans une maison à Beyrouth avant de fuir son employeur pour travailler illégalement dans le pays, a d’abord remercié tout le monde et plus particulièrement Nadine Labaki. « Capharnaüm n’est pas un film, c’est une vérité, la mienne, et je lui suis reconnaissante de l’avoir dévoilée », avant de fondre en larmes. Moment d’émotion pour toute la presse présente. « Le plus difficile pour moi, c’était que lorsque nous filmions les scènes en prison, mes copines étaient réellement détenues. »

Khaled Mouzannar :« Comme ce film a plus l’allure d’un documentaire et que Nadine est toujours à la recherche de plus de vérité, c’était dur d’intervenir musicalement pour ne pas augmenter la dramaturgie et mentir, parce que la musique contribue à mentir dans un film. Étant un compositeur mélodique qui aime les thèmes, il m’était difficile d’en mettre sur des personnages vrais. Je trouvais cela indécent. On est donc passé par plein de stades musicaux jusqu’à laisser parfois des plages de silence. J’ai pu ainsi doser et atteindre un équilibre entre la vérité extrême et les moments poétiques. »

C. K.

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