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Moyen Orient et Monde - Armes Chimiques

Paris gèle les avoirs d’entités syriennes et libanaises

La France a gelé hier les avoirs de trois personnes et neuf entreprises pour leur implication présumée dans le programme d’armes chimiques syrien, alors qu’une trentaine de pays réunis à Paris ont réaffirmé vouloir recréer des mécanismes permettant d’identifier et punir les responsables d’attaques chimiques.
« En nous rassemblant, nous envoyons un message clair : il n’y aura jamais d’impunité pour ceux qui gazent des combattants ou des civils », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en clôturant cette réunion du partenariat international contre l’impunité de l’utilisation d’armes chimiques, initié par la France en janvier, après les veto russes à la poursuite d’enquêtes internationales dans le cas de la Syrie. « Nous avons besoin d’un nouveau mécanisme pour identifier non seulement l’usage d’armes chimiques mais aussi pour identifier ses auteurs », a renchéri son homologue britannique Boris Johnson.
Plus tôt hier, le gouvernement français avait annoncé le gel d’avoirs de plusieurs entités, domiciliées pour la plupart en Syrie et au Liban, travaillant « au bénéfice » du Centre d’études et de recherches syrien (CERS), « principal laboratoire syrien en charge du développement et de la production non conventionnelle d’armes chimiques et de vecteurs balistiques », selon un communiqué commun du ministère des Affaires étrangères et de l’Économie et des Finances. « Elles ont été désignées pour leur implication dans la recherche et/ou l’acquisition pour ce centre de matériels contribuant au développement des capacités militaires chimiques et balistiques de ce pays », est-il ajouté.
Deux ressortissants syriens sont également cités, ainsi qu’une personne née en 1977 au Liban dont la nationalité n’est pas précisée. Les entreprises al-Mahrous Group (Damas) – dont deux filiales à Dubaï et en Égypte –, Sigmatec (Damas), Technolab (Liban) ainsi qu’une société de négoce basée à Guangzhou en Chine sont notamment visées.
Ces trois entreprises sont déjà la cible de sanctions de la part du Trésor américain, pour des liens présumés avec le programme d’armement syrien. Les avoirs de ces entités et personnes sont gelés pour six mois et toute mise à disposition de fonds ou ressources économiques interdite pour la même durée, stipulent des arrêtés publiés vendredi au Journal officiel. La France a en outre publié hier soir « une liste de vigilance portant sur près de 50 personnes dont elle estime la participation au développement du programme chimique syrien hautement probable », a annoncé M. Le Drian.
Le CERS est depuis longtemps dans le viseur des Occidentaux. L’entité, rattachée au ministère syrien de la Défense, est soupçonnée d’être le principal laboratoire en charge des programmes chimiques. Le 14 avril, les frappes occidentales en Syrie menées par Washington, Paris et Londres avaient visé des antennes de cette institution. Aziz Allouche, propriétaire de l’entreprise Technolab basée à Nabatiyé, dans le sud du Liban, a assuré à l’AFP fournir uniquement aux universités, écoles et centres éducatifs professionnels du matériel électronique et mécanique. Ce sont des produits « à double usage. Les appareils que l’université prend peuvent avoir un usage civil ou militaire », explique-t-il, mais « si quelqu’un prend un appareil et l’utilise pour faire autre chose, en quoi est-ce ma faute » ?
Depuis 2016 et les sanctions américaines, il assure avoir « arrêté le travail avec la Syrie », même s’il reconnaît toujours « aider des gens qu’il connaît personnellement ».
Parallèlement, sur le terrain, au moins 11 combattants prorégime ont été tués hier en Syrie dans des explosions ayant secoué un aéroport militaire du régime dans le centre du pays, a annoncé une ONG qui avance la thèse d’un « incident technique ».
« De violentes explosions ont frappé des entrepôts d’armes et de carburant dans un aéroport militaire de la province de Hama », dans le Centre syrien, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Il y a 11 morts parmi les forces du régime et les combattants alliés, ainsi que des dizaines de blessés et de disparus », a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les causes exactes des explosions demeurent inconnues, mais « elles sont probablement dues à un incident technique », a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

Source : AFP

La France a gelé hier les avoirs de trois personnes et neuf entreprises pour leur implication présumée dans le programme d’armes chimiques syrien, alors qu’une trentaine de pays réunis à Paris ont réaffirmé vouloir recréer des mécanismes permettant d’identifier et punir les responsables d’attaques chimiques.« En nous rassemblant, nous envoyons un message clair : il n’y aura jamais d’impunité pour ceux qui gazent des combattants ou des civils », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en clôturant cette réunion du partenariat international contre l’impunité de l’utilisation d’armes chimiques, initié par la France en janvier, après les veto russes à la poursuite d’enquêtes internationales dans le cas de la Syrie. « Nous avons besoin d’un...
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