Un tribunal berlinois a interdit hier à une jeune enseignante musulmane de porter le voile pendant les cours comme elle le souhaitait, une décision de justice qui était très attendue dans un dossier devenu hautement symbolique. La ville-État de Berlin, défendue par Seyran Ates, une avocate féministe de renom, s’est appuyée pour obtenir gain de cause sur le « principe de neutralité » dans la capitale allemande : il stipule que les policiers, enseignants et personnels de justice ne doivent pas porter de signes religieux manifestes tels qu’une croix, une kippa ou le voile. Dans son jugement, la juridiction des prud’hommes de Berlin a estimé que la plaignante n’avait pas été victime d’une discrimination en raison de sa religion. Le principe de neutralité invoqué par la ville de Berlin est donc à ses yeux conforme à la Constitution allemande. La liberté de religion de la jeune femme ne doit pas primer « sur l’intérêt de l’État régional de Berlin à organiser les écoles primaires (selon le principe) de la neutralité religieuse », ont encore argumenté les juges berlinois dans leur jugement.
Moyen Orient et Monde - Allemagne
Interdiction de voile pour une enseignante musulmane
OLJ / le 10 mai 2018 à 00h00

