Michel Aoun entouré de la chef de la délégation de l’UE pour l’observation des élections et des membres de la délégation du Parlement européen. Photo Dalati et Nohra
Le président de la République, Michel Aoun, a affirmé hier que le Liban allait trouver une solution au problème des réfugiés syriens qu’il accueille « hors du cadre des Nations unies et de l’Union européenne », qui estiment leur retour prématuré. Le chef de l’État s’exprimait lors de la visite à Baabda de la présidente de la délégation européenne pour l’observation des élections, Elena Valenciano, qui était accompagnée d’une délégation du Parlement européen présidée par Ignacio Jose Sala Franca. L’entretien s’est déroulé en présence de l’ambassadrice de l’Union européenne au Liban, Christina Lassen.
Évoquant la question des réfugiés syriens, M. Aoun a relevé que « le Liban diverge avec l’Union européenne au regard des moyens de résoudre le problème, d’autant que l’infrastructure du pays ne lui permet pas d’accueillir ce nombre de déplacés ni d’en assumer les responsabilités ». « Le Liban a supporté la crise des déplacés à son début, tandis que la communauté internationale lie le retour à la solution politique », a déploré le président de la République, notant que « 90 % du territoire syrien est pourtant désormais sûr et libéré de la présence terroriste ». M. Aoun a en outre fait part de son appréhension quant à « l’existence d’un plan de partition de la Syrie, dont les répercussions seraient le maintien d’un grand nombre de déplacés sur nos terres en raison du changement démographique qui résulterait du fait de cette partition ». « Pour cela, nous œuvrerons à trouver une solution au problème des déplacés en dehors du cadre des Nations unies et de l’Union européenne, parce que la question est liée a notre patrie, ainsi qu’à notre stabilité et notre souveraineté », a-t-il poursuivi, exhortant toutefois les États européens à « organiser sous leur supervision le retour des Syriens dans leur pays ». Et de conclure : « Nous ne réclamons pas leur retour pour qu’ils soient exposés à la mort, mais parce qu’il existe des régions sûres, d’autant que le gouvernement syrien ne refuse pas ce retour. »
Le Liban accueille près d’un million de réfugiés syriens enregistrés auprès de l’ONU. Le pays a officiellement rejeté le communiqué final de la conférence internationale d’aide aux réfugiés syriens, tenue à Bruxelles les 24 et 25 avril, et qui estimait qu’une solution politique en Syrie devait précéder leur retour dans leur pays. M. Aoun avait affirmé que le Liban réclamait « un retour sécurisé des déplacés, notamment dans les régions stables » tenues par le régime syrien, alors que la communauté internationale estime un tel retour prématuré.
« Plus de démocratie »
Évoquant par ailleurs les élections législatives de dimanche, le chef de l’État a déclaré que « l’adoption de la proportionnelle et de la voix prioritaire mène vers plus de démocratie et assure le respect de la volonté des électeurs, davantage que d’autres systèmes électoraux ». « Cette loi est propre à renforcer la liberté de choix et contribue à faire accéder au Parlement ceux à qui les citoyens ont accordé leur voix prioritaire », a-t-il estimé.
Pour sa part, Mme Valenciano s’est félicitée du « succès de la première étape des élections », indiquant que « 132 observateurs européens seront déployés dimanche dans toutes les régions libanaises pour superviser le processus de vote et soumettre à la fin de la journée un rapport détaillé à cet égard » (lire par ailleurs).


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15 h 53, le 05 mai 2018