Liban

Mise sous scellés d’une clinique de psychologue à Gemmayzé

Ministère de la Santé
Claude ASSAF | OLJ
04/05/2018

Sur ordre du ministre de la Santé, Ghassan Hasbani, une clinique psychologique appartenant à Danièle Pichon, psychologue clinicienne, a été mise sous scellés lundi, pour « non-conformité aux normes en vigueur ». La mesure a provoqué de vives protestations sur les réseaux sociaux au motif que « la décision de fermeture est une grande injustice portant atteinte tant à cette psychologue de renom qu’aux enfants qu’elle traite avec un professionnalisme remarquable ».

Le communiqué publié hier souligne que « le ministère de la Santé a mis sous scellés une unité résidentielle dans un immeuble de Gemmayzé (Achrafieh) utilisée par Mme Danièle Pichon pour accueillir et traiter des enfants à besoins spéciaux, en raison de la non-conformité de la clinique aux conditions requises de santé et de sécurité publiques ». « Cette démarche se base sur des rapports du ministère des Affaires sociales et du département de la santé et des handicapés au sein du ministère de la Santé, selon lesquels l’appartement ne répond pas aux normes applicables à la sécurité de ces enfants », ajoute le communiqué, demandant à leurs parents de contacter le ministère de la Santé sur sa ligne verte (1214), s’ils ont besoin d’aide pour trouver un autre centre de thérapie. 

L’Orient-Le Jour n’a pu joindre hier le ministre de la Santé, Ghassan Hasbani, mais un proche du ministère a affirmé que « les rapports ont fait état de failles dans les spécifications requises, tel le manque d’hygiène dû au surnombre des enfants traités dans la clinique, ou encore l’absence d’issue de secours ».

Questionné sur des informations selon lesquelles le ministère aurait pris cette mesure radicale sur base d’une plainte déposée par une voisine qui ne supporte pas la vue d’enfants handicapés, le responsable affirme que « le ministère de la Santé ne se préoccupe pas de différends entre individus, mais plutôt de dangers menaçant la vie des citoyens ». « C’est la préservation de la santé publique qui est importante », ajoute-t-il, notant que « les médias auraient vite pointé un doigt accusateur à l’encontre du ministère de la Santé si un malheur était arrivé à ces enfants ». 

Ces explications ne sont pas pour satisfaire des proches de Mme Pichon. À L’OLJ, ils affirment que depuis environ un an et demi cette dernière « est harcelée au quotidien par sa voisine de palier qui commet les pires agressions contre les enfants en thérapie et leurs mamans ». « Cette voisine a porté plainte il y a un an auprès du ministère des Affaires sociales », ajoutent ces proches, notant qu’« après la visite des inspecteurs, la psychologue n’a reçu aucun avertissement ou procès-verbal qui lui auraient laissé présager la mesure de fermeture ». « C’est seulement la semaine dernière que Mme Pichon a reçu la visite d’inspecteurs de la municipalité de Beyrouth venus l’aviser que sa clinique serait bientôt fermée sur ordre du ministère de la Santé », poursuivent-ils, ajoutant que la spécialiste « s’est alors rendue au ministère pour s’enquérir des griefs qui lui sont reprochés. Un responsable lui a alors demandé de présenter au département juridique des documents prouvant que sa clinique est conforme aux critères reconnus ». Ce qu’elle fit aussitôt, réfutant notamment l’argument du surnombre, et affirmant que « neuf enfants suivent une thérapie de groupe dispensée par six psychologues ». Mais pour toute réponse, elle voit lundi la porte de sa clinique scellée à la cire rouge.

On apprenait hier en soirée qu’une médiation avait cours, sachant que Mme Pichon avait demandé la levée des scellés pour retirer des documents concernant les enfants, et qu’au ministère on lui avait réclamé pour cela d’exhiber un contrat de location d’un nouveau local.

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