Le patriarche Raï prononçant son discours au cours du dîner annuel de la Ligue maronite.
En pleine fièvre électorale et à la veille d’une échéance jugée « déterminante pour l’avenir », la Ligue maronite a tenu jeudi son dîner annuel au Casino du Liban, en présence du chef de l’Église maronite, le patriarche Raï, de représentants des trois présidents, de l’ambassadeur de France Bruno Foucher et d’une foule de personnalités politiques et économiques de premier plan. Deux allocutions ont marqué cet événement, l’une du patriarche maronite, l’autre du président de la Ligue maronite, l’ancien bâtonnier Antoine Klimos.
Dans le mot qu’il a prononcé, le patriarche Raï a demandé la paix pour le Machrek et tracé une feuille de route pour la Ligue maronite : « Nous sommes invités, a-t-il commencé par dire, à réclamer la paix pour ce Machrek. Elle est de son droit. Ce n’est pas par la guerre qu’on va à la paix. » À la Ligue maronite, le patriarche a donné pour mission de « tout faire pour préserver le vivre ensemble islamo-chrétien, dans le respect mutuel et la coopération sincère, dans un partenariat équilibré au sein du pouvoir et de l’administration, dans le respect de la présence de chacun dans les régions, dans le soin à se tenir à l’écart des susceptibilités, de ce qui peut faire confiance et de troubler les intentions ». « La Ligue maronite, a ajouté le patriarche Raï, doit également lutter pour préserver l’argent public, lutter contre la corruption rampante et le pillage du Trésor par vol, dilapidation, prébendes, commissions, partage des bénéfices dans les contrats publics. »
Pour sa part, M. Klimos a déclaré : « Ce dîner se tient alors que le Liban est à la veille d’une échéance déterminante dont dépendra son avenir, des élections législatives qui se tiennent sur base d’une loi nouvelle dont on ne pourra juger qu’une fois les résultats du scrutin obtenus, avec ce que les analyses des résultats pourront montrer et une fois connues les personnalités qui feront leur entrée au Parlement. La situation économique, entre-temps, est grave et compliquée. L’effondrement menace si des mesures draconiennes et amères ne sont pas prises. Aussi amères qu’elles soient, ces mesures resteront en tout cas plus miséricordieuses que les tumeurs malignes de la corruption qui menacent le corps de l’administration et épuise le Trésor. Beaucoup parlent de la combattre, mais nous la voyons surgir toujours sous de nouvelles formes, comme si l’exode des cerveaux et le vieillissement de la société étaient le destin du Liban. »

