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Washington prive le géant chinois ZTE de composants américains

AFP
16/04/2018

Les autorités américaines ont décidé lundi de mettre fin aux exportations de composants américains destinés au groupe chinois ZTE, en raison de "fausses déclarations" au cours de l'enquête sur la violation de l'embargo contre l'Iran et la Corée du Nord.

Les Etats-Unis avaient déjà infligé en mars 2017 une amende de 1,2 milliard de dollars au géant chinois des télécommunications pour avoir violé l'embargo contre ces deux pays.

Dans cette affaire, ZTE avait plaidé coupable en 2016 d'avoir acquis des équipements aux Etats-Unis et de les avoir réexportés vers l'Iran et la Corée du Nord, en dépit des sanctions frappant ces deux pays pour leurs programmes militaires et leurs violations des droits de l'Homme. Mais les enquêteurs du département américain du Commerce ont dit avoir découvert que l'entreprise chinoise avait fait de nouvelles fausses déclarations relatives aux mesures censées avoir été prises contre des dirigeants de la compagnie. 

"ZTE a fait de fausses déclarations au gouvernement américain quand elle a été prise en faute initialement (...), elle a fait de fausses déclarations dans la période de sursis qui lui avait été accordée et a fait de fausses déclarations pendant la période de probation", a déploré le secrétaire au Commerce Wilbur Ross dans un communiqué.

Le ministère a précisé que ces déclarations frauduleuses avaient couvert notamment le fait que des bonus avaient été payés aux employés ayant participé au commerce "illégal".

"ZTE a trompé le département du Commerce. Au lieu de donner des avertissements à ses équipes, ZTE les a récompensées. Ce comportement volontairement nuisible ne saurait êre ignoré", a ajouté Wilbur Ross.

La suspension des exportations signifie que ZTE ne peut plus recevoir de composants pour les intégrer à ses produits.

L'an passé, les autorités américaines avaient affirmé que le géant chinois avait réalisé des transactions totalisant plusieurs "centaines de millions de dollars" entre 2010 et début 2016, en étant parfaitement conscient de leur caractère illicite et en tentant même de les dissimuler.

Les équipements ciblés incluaient des routeurs, des micro-processeurs et des serveurs qui peuvent être utilisés pour crypter des données. Des puces et téléphones cellulaires avaient également été illicitement acheminés vers l'Iran et la Corée du Nord.

Dans le même temps, ZTE est également dans le viseur des autorités du Royaume-Uni, qui ont mis en garde lundi les opérateurs télécoms britanniques susceptibles de travailler avec le groupe chinois.

Le Centre national de cybersécurité (NCSC) a estimé dans un communiqué que l'utilisation d'équipements et de services de ZTE faisait courir un risque à la sécurité nationale du Royaume-Uni, sans donner toutefois plus de précisions.

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