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Toutes les communautés réunies au musée pour un message de paix

13 avril
14/04/2018

La 43e commémoration du début de la guerre civile a été organisée hier par l’ONG Offre-Joie en présence d’une quinzaine de leaders religieux et de dix chaînes de télévision.
 « Il y a 43 ans, un bus explosait à Aïn el-Remmaneh. Aujourd’hui, nous devrions être tous ensemble dans ce bus pour avancer à contresens, contre la violence. » Ce message de Majed Bou Hadir, de la MTV, résume en substance les discours du rassemblement intercommunautaire tenu hier devant le musée national à Beyrouth. Pour commémorer le déclenchement de la guerre civile libanaise en 1975, les représentants des différentes confessions et des différents médias libanais se sont réunis en début de soirée pour se rappeler la violence du conflit, apporter un message de paix et promouvoir l’unité nationale.
 « Notre but est de rassembler la famille libanaise autour de valeurs communes, comme le vivre-ensemble, la paix, la tolérance et l’amour », explique Melhem Khalaf, qui a cofondé Offre-Joie alors qu’il avait 21 ans, en 1985. « Alors que la guerre civile faisait rage, il nous fallait un mouvement jeune, apolitique et aconfessionnel », dit-il. Aujourd’hui, les volontaires de l’organisation, essentiellement des jeunes, proposent des colonies de vacances à des enfants en difficulté, mènent des chantiers de reconstruction des espaces publics délabrés et organisent des événements pour rassembler les Libanais. Hier, l’ONG a également organisé des rassemblements à Saïda et Tripoli, en mettant l’accent sur la situation des disparus de la guerre. « Petit à petit, on veut changer le Liban, afin de pouvoir être fiers de notre pays », confie Myriam el-Hachem, volontaire libanaise de 22 ans.

« Plus jamais ça »
Des invités des 10 chaînes télévisées libanaises ont parlé de leur vécu pendant la guerre civile et souligné l’importance de la paix, avant de céder le pas à une prière œcuménique. « Nous y avons offert une relecture du début de la guerre et demandé pardon pour notre ignorance, qui l’a causée. Nous avons également fait la promesse de ne pas répéter les mêmes erreurs, d’éduquer les Libanais au dialogue et à la coexistence », témoigne le père Agapios Kfoury, grec-catholique, qui affirme que « les choses s’améliorent lentement, tant une guerre civile semble aujourd’hui indésirable ». Le juge Yehya el-Rafii, sunnite, confirme : « Il faut prouver que nous ne sommes pas tous des terroristes et que nous sommes capables de vivre en paix. »
C’est donc un événement symbolique qu’Offre-Joie organise chaque année depuis plus de 15 ans. « Cette date tragique du 13 avril doit se transformer en date de paix, pour consolider les progrès et le vivre-ensemble », explique Melhem Khalaf. D’où le choix de commémorer le massacre du bus de Aïn el-Remmaneh du 14 avril 1975 sur les marches du musée national, symbole de la renaissance culturelle libanaise après la guerre civile, qui prit fin officiellement en 1991 avec les accords de Taëf. À quelques pas du musée, une spectatrice anonyme témoigne : « Les premières explosions en 1975 étaient terribles, on voyait le caoutchouc voler en fumée, comme des notes de musique, des gammes noires qui venaient annoncer la guerre. La génération qui a vu le massacre de Aïn el-Remmaneh disparaît lentement, nous devons passer le flambeau pour que cela ne se reproduise plus. Plus jamais ça. »

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