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« Highway to Hell » interprétée... à l’ukulélé

Depuis trois décennies, le Ukulele Orchestra of Great Britain fait sensation avec un instrument atypique dans le punk rock.

Le Ukulele Orchestra of Great Britain. Cofondé en 1985 par Kitty Lux (décédée l’an dernier à 59 ans), l’orchestre s’intéressait à l’origine non pas à l’ukulélé, mais à l’irrévérencieuse énergie punk rock alors en plein déclin. Angela Weiss/AFP

Prix abordable et facilement transportable font partie des points forts de l’ukulélé, mais ce petit instrument à quatre cordes peut-il aussi incarner l’esprit punk rock ? Une formation britannique tente de multiplier ses fans depuis trois décennies.
En lançant sa dernière tournée en date aux États-Unis, le Ukulele Orchestra of Great Britain a fait sensation auprès de son audience lorsque ses huit joueurs d’ukulélé ont interprété Highway to Hell du groupe AC/DC, tandis que le soliste australien Ben Rouse entonnait les paroles quelque peu modifiées. « Hey Satan/Paying my dues/Playing in a rocking band » est ainsi devenu « Hey Satan/Paying my dues/Playing in a ukulele band », tandis que les musiciens – en smoking avec nœuds papillons – brandissaient leur « guitare bonsaï » vers les cieux en guise de défi. Interpréter des tubes, avec parfois un effet comique, fait partie des astuces de cet orchestre pour emporter le cœur du public.
Pour quelles raisons Jonty Bankes a-t-il choisi cet instrument atypique ? « En gros, il est bon marché et assez facile à jouer, donc pour les gens comme nous, c’était une aubaine », répond-il. L’orchestre a constaté au fil de ses nombreux concerts – notamment au prestigieux Carnegie Hall à New York, au festival de Glastonbury au Royaume-Uni et même au château de Windsor pour les 90 ans de la reine Elizabeth II – que cette petite guitare exerçait un vrai pouvoir. « Lorsque vous sortez un ukulélé et que vous commencez à en jouer, les gens sourient, remarque Jonty Bankes. C’est un instrument rassurant, chaleureux, qui crée un peu de bonheur dans le monde entier. »

Une blague
Cofondé en 1985 par Kitty Lux (décédée l’an dernier à 59 ans), l’orchestre s’intéressait à l’origine non pas à l’ukulélé, mais à l’irrévérencieuse énergie punk rock alors en plein déclin.
« Les punks formaient un groupe et jouaient trois accords, si même ils pouvaient jouer trois accords. La même chose s’est produite lorsque (notre) groupe a commencé », explique Leisa Rea, qui a appris la guitare avant l’ukulélé. « Cet instrument était un peu comme une blague, j’imagine, puis nous avons tout inversé. L’esprit punk est toujours présent dans le groupe, selon moi, relève-t-elle. Nous ne nous prenons pas trop au sérieux. Nous sommes britanniques, donc nous devons avoir un peu de sens de l’humour. » Elle a occupé les devants de la scène pour Sweet Dreams (Are Made of This) de Eurythmics, un ukulélé à la basse amplifiée donnant le rythme aux sept autres ukulélés aux tessitures différentes. « C’est une bonne façon de détecter si une chanson est bien. Si on peut la jouer avec un ukulélé, c’est un assez bon signe que c’est une chanson correcte », dit Leisa Rea.
Malgré ses nombreux voyages, l’orchestre ne s’est jamais rendu sur l’archipel de Hawaï, dans l’océan Pacifique, où est né cet instrument conçu à l’origine d’après une guitare portugaise miniature. Une omission qui n’est pas totalement fortuite. En effet, il évite de jouer de la musique hawaïenne ainsi que des morceaux de la star britannique de cinéma et fan d’ukulélé George Formby, préférant plutôt surprendre son auditoire. Reste que l’artiste hawaïen Israel Kamakawiwo’ole a contribué à populariser le petit instrument au niveau international avec ses douces mélodies et, en particulier, la reprise de Somewhere Over the Rainbow en 1990. Des artistes pop, comme le parrain de l’indie rock Stephin Merritt, ont également exploité les nombreuses possibilités de l’ukulélé. Son succès est tel qu’il concurrence, dans de nombreuses écoles, la flûte à bec comme premier instrument choisi par les enfants pour l’apprentissage musical.
« Les gens de moins de 40 ans ne pensent pas que c’est marrant », contrairement à leurs aînés, souligne Dave Suich, membre du Ukulele Orchestra of Great Britain. « Ils pensent simplement que vous jouez d’un instrument », conclut-il.

Shaun TANDON/AFP

Prix abordable et facilement transportable font partie des points forts de l’ukulélé, mais ce petit instrument à quatre cordes peut-il aussi incarner l’esprit punk rock ? Une formation britannique tente de multiplier ses fans depuis trois décennies.En lançant sa dernière tournée en date aux États-Unis, le Ukulele Orchestra of Great Britain a fait sensation auprès de son audience lorsque ses huit joueurs d’ukulélé ont interprété Highway to Hell du groupe AC/DC, tandis que le soliste australien Ben Rouse entonnait les paroles quelque peu modifiées. « Hey Satan/Paying my dues/Playing in a rocking band » est ainsi devenu « Hey Satan/Paying my dues/Playing in a ukulele band », tandis que les musiciens – en smoking avec nœuds papillons – brandissaient leur « guitare bonsaï » vers...
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