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Lifestyle - Mode

Gaultier dans le ventre d’une Baleine bleue

Jean-Paul Gaultier a fait défiler jeudi dernier 40 mannequins dans la Baleine bleue à Buenos Aires.

Qui mieux que Jean Paul Gaultier pour représenter la France et la haute couture parisienne dans la ville qui a été le Paris de l’Amérique latine et le berceau du tango ? Gaultier, dont les créations enveloppées d’un parfum de boudoir sucré, poudré, vanillé, renvoient de manière subliminale à la sensualité de l’immédiat après-guerre ; une époque où les femmes retrouvent leur féminité, resserrent leurs corsets et tracent au crayon le long trait affolant qui souligne le galbe de la jambe, couture visible des bas de soie hors de prix que peu d’entre elles peuvent s’offrir ; où le tango, cette « pensée triste qui se danse », fait entre soufre et eau de rose la scélérate moiteur des bals musette au retour de l’été. Ce n’est donc pas un hasard si le créateur a fait de l’accordéoniste Yvette Horner l’une de ses paradoxales icônes.
Jean Paul Gaultier a fait défiler jeudi dernier 40 mannequins dans la Baleine bleue, spectaculaire salle du Centre culturel Kirchner de Buenos Aires où il a présenté sa collection couture printemps-été 2018. Dans cet espace habituellement dédié à des concerts classiques, le créateur a fait virevolter sa troupe de jeunes femmes chaussées de hauts talons, jusque dans les escaliers de la salle. Il a présenté une collection hommage à Pierre Cardin, son ancien patron, qui avait été révélée en janvier pendant la Semaine de la couture à Paris.

À contre-courant
Variations sur les rayures marinières, les franges, l’Op Art, le vinyle, le rétrofuturisme et des plissages contrastés en forme de fanons, clin d’œil involontaire à la baleine, les modèles où prévalaient le noir et blanc, mais aussi le rouge saturé, l’or, l’argent, les sequins et les bijoux surdimensionnés étaient présentés par des mannequins portant des coiffures courtes au carré surmontées de petits chignons boule ou de tortillons. Très graphique avec des touches d’or et des motifs hellénisants, la collection succédait à une célébration du mariage gay, légalisé en Argentine avant qu’il ne le soit en France, avec une exposition baptisée « L’amour, c’est l’amour, le mariage égalitaire selon Jean Paul Gaultier ».
Lors du vernissage de l’exposition de 35 robes et costumes de mariage créés entre 1990 et 2018, Jean-Paul Gaultier a lancé devant la députée argentine Elisa Carrio, réputée pour son conservatisme et qui le matin même avait fermement pris position contre la légalisation de l’avortement : « Vive le sexe, vive l’amour, sous toutes ses formes. » Dont acte, de la part de ce créateur multitalents qui est, à 66 ans, l’un des pionniers d’une mode expressive qui a pris tous les usages à contre-courant.
Qui mieux que Jean Paul Gaultier pour représenter la France et la haute couture parisienne dans la ville qui a été le Paris de l’Amérique latine et le berceau du tango ? Gaultier, dont les créations enveloppées d’un parfum de boudoir sucré, poudré, vanillé, renvoient de manière subliminale à la sensualité de l’immédiat après-guerre ; une époque où les femmes retrouvent leur féminité, resserrent leurs corsets et tracent au crayon le long trait affolant qui souligne le galbe de la jambe, couture visible des bas de soie hors de prix que peu d’entre elles peuvent s’offrir ; où le tango, cette « pensée triste qui se danse », fait entre soufre et eau de rose la scélérate moiteur des bals musette au retour de l’été. Ce n’est donc pas un hasard si le créateur a fait de l’accordéoniste Yvette...
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