La romancière Dominique Barbéris a reçu le prix Jean Freustié pour L’année de l’Éducation sentimentale (Gallimard), court récit, assez cruel, de retrouvailles entre trois amies de fac, plus d’une vingtaine d’années après leur dernière rencontre. Publié en janvier, L’année de l’Éducation sentimentale est le neuvième roman de Dominique Barbéris. La romancière, âgée de 59 ans, possède l’art d’avancer à pas feutrés. C’est une journée d’été à la campagne, l’orage menace, et les trois anciennes amies (Florence, Muriel et Anne) ressassent leurs souvenirs.
Le titre du roman n’est pas innocent. Les lecteurs de Flaubert se souviennent de la fin de L’Éducation sentimentale, quand Frédéric et Deslauriers se retrouvent... Que reste-t-il de notre jeunesse ? se demandent les deux hommes. C’est la question à laquelle les trois femmes qui, à la fac, ont suivi ensemble un cours consacré à l’œuvre de Flaubert devront également répondre. Ce jeu peut se révéler cruel, mettant au jour déceptions, jalousies et frustrations. Quelle amitié y résisterait? On assiste à un huis clos étouffant. Ces retrouvailles – on ne trahit aucun secret – sont vouées à l’échec. Il y a beaucoup de mélancolie dans le roman de Dominique Barbéris.
C’est un livre « maraudant dans les jardins de la comédie, laissant peu à peu apparaître les gouffres de solitude et de chagrin, la folie, pour tout dire, des personnages », a estimé l’écrivain Olivier Mony, membre du jury présidé par Jean-Claude Fasquelle.
Doté de 20 000 euros, le prix Jean Freustié, créé en 1987 par les amis de Jean Freustié (1914-1983) et son épouse Christiane Teurlay-Freustié (décédée en 2010), entend rendre hommage à l’écrivain, critique littéraire et éditeur, prix Renaudot en 1970 pour Isabelle ou l’arrière-saison. L’an dernier, le prix avait été attribué à Étienne de Montety pour L’amant noir (Gallimard).
Culture
Dominique Barbéris, prix Jean Freustié
OLJ / le 24 mars 2018 à 00h00

