Les lauréats du classement général de la Coupe du monde de descente, discipline reine du ski alpin, Beat Feuz et Sofia Goggia, posant avec leur globe de cristal sur le podium, hier, à Äre, en Suède, où les épreuves finales ont eu lieu. Jonathan Nackstrand/AFP
Réglé comme un coucou : le skieur suisse Beat Feuz a remporté le globe de la descente grâce à une extrême fiabilité sur le podium (sept fois en neuf courses, dont trois sur la plus haute marche), grâce à sa 3e place lors des finales de la Coupe du monde de ski alpin, hier, à Äre en Suède. Reine de la vitesse, la skieuse américaine Lindsey Vonn a signé un 82e succès sur le circuit majeur, se rapprochant à quatre longueurs du record absolu (86) du skieur suédois Ingemar Stenmark. Mais Vonn, moins régulière que Feuz, a échoué dans la conquête d’un 9e globe de descente, devancée de trois points par la skieuse italienne Sofia Goggia, sa dauphine du jour.
Beat Feuz, âgé de 31 ans, a abordé ce dernier acte en costaud face au skieur norvégien Aksel Lund Svindal, champion olympique de la discipline reine à Pyeongchang en février. Quand, flanqué du dossard n° 7, il s’est emparé du meilleur temps provisoire en bas d’une épreuve raccourcie, le Bernois a levé les bras, alors que Svindal, qu’il devançait au départ de 60 points, n’était pas encore descendu. « J’avais le sentiment d’avoir fait une bonne course et d’avoir assuré l’essentiel », a souligné le double médaillé des Jeux de Pyeongchang (bronze en descente, argent en super-g).
Quand ses genoux et autres problèmes physiques lui laissent du répit, Feuz est d’une efficacité sûre – au toucher de neige, celle d’Äre n’était pas vraiment bonne – et exquise, qui tranche avec un physique massif. Sept ans après la dernière fois de Didier Cuche, Feuz, champion du monde 2017 en descente, a donc rapporté le trophée en Suisse. Il a eu aussi le loisir de féliciter son jeune compatriote et quadruple champion du monde juniors 2018 Marco Odermatt, 12e à 64/100es du scratch hier. In extremis, l’Autriche s’est rachetée d’une saison médiocre en descente en plaçant ses poids légers Matthias Mayer et Vincent Kriechmayr tout en haut de l’affiche, 1ers ex aequo à 4/100es devant Feuz. Et le colosse Svindal a glissé au pied du podium, à 12/100es du duo de la Wunderteam.
Corps et cœur
Dans la descente dames, Sofia Goggia a dû prendre sur son tempérament de feu pour aller chercher son premier globe, 16 ans après le doublé de sa compatriote Isolde Kosner, lauréate en 2001 et 2002. « C’étaient trois jours difficiles depuis lundi (annulation du 1er entraînement). Avec beaucoup d’incertitudes sur le départ (finalement celui au niveau du super-g). L’attente a été longue et exténuante », a expliqué la Lombarde, championne olympique de descente il y a trois semaines à Pyeongchang.
Sur une course sprint de moins d’une minute, à sa convenance avec deux grandes courbes, Lindsey Vonn, elle, a mis tout son corps et tout son cœur dans la bataille. La reine de la vitesse a commis quelques fautes d’engagement, mais elle est parvenue néanmoins à précéder Goggia de 6/100es, pour une rivalité renouvelée sur le fil des centièmes.
« Mon amitié avec Lindsey n’a rien à voir avec la rivalité sur la piste. Je ressentais la pression, mais je suis sortie du portillon en pensant que j’avais les bons skis, les bons pieds et la bonne vitesse pour assurer un résultat », a encore déclaré Goggia. Toutefois, la belle amitié pourrait ne pas résister la saison prochaine si l’Italienne devenait un obstacle majeur sur la piste du dernier défi de l’Américaine : dépasser la marque d’Ingemar Stenmark.
Source : AFP

